Le gouvernement marocain accélère la concrétisation des Groupements Sanitaires Territoriaux (GST), pierre angulaire de la réforme du système de santé national, avec l’objectif clair de réduire les disparités régionales et d’améliorer l’accès effectif aux soins pour l’ensemble des citoyens. Portée par les Hautes Orientations Royales, cette réorganisation structurelle vise à bâtir un système de santé cohérent, plus proche des besoins réels des populations et capable d’assurer une prise en charge continue, du premier niveau de soins jusqu’aux structures hospitalières spécialisées.
Réuni autour du Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, le comité de pilotage de la réforme a insisté sur la mobilisation de tous les intervenants, aussi bien au niveau central que régional. L’enjeu est de taille : faire des GST de véritables pôles territoriaux de gouvernance sanitaire, capables de planifier, coordonner et optimiser l’offre de soins à l’échelle de chaque région. Ces groupements auront notamment pour mission d’élaborer des programmes médicaux régionaux tenant compte des réalités démographiques, épidémiologiques et sociales locales, tout en fluidifiant le parcours du patient entre les différents niveaux de prise en charge.
Au-delà de la gouvernance, la réforme s’appuie sur un chantier technique déterminant : l’uniformisation du système d’information des établissements de santé. L’objectif est de mettre fin à la fragmentation des données médicales, de renforcer la continuité des soins et de doter les professionnels de santé d’outils numériques fiables. Cette modernisation est étroitement liée au programme d’urgence articulé autour de dix projets prioritaires, conçu pour améliorer rapidement la qualité des prestations sanitaires et restaurer la confiance des citoyens dans le service public de santé.
Sur le volet des infrastructures, plusieurs avancées concrètes ont été actées. Les Centres Hospitaliers Universitaires de Laâyoune et de Rabat devraient entrer en service au cours de l’année, renforçant ainsi la capacité hospitalière et la formation médicale dans des zones stratégiques. Par ailleurs, dix nouveaux projets hospitaliers permettront d’ajouter 1 430 lits supplémentaires à l’horizon février 2026, un renfort attendu dans un contexte de pression croissante sur les établissements publics.
La médecine de proximité, pilier de la réforme, n’est pas en reste. Le processus de réhabilitation des centres de santé se poursuit à un rythme soutenu : 1 130 structures ont déjà été modernisées à l’échelle nationale. Une deuxième phase, portant sur 1 600 centres supplémentaires, sera lancée cette année afin de consolider l’offre de soins de base et de désengorger les hôpitaux.
Cette réunion stratégique a rassemblé plusieurs membres clés du gouvernement, dont Abdelouafi Laftit, Amine Tehraoui, Azzedine El Midaoui et Fouzi Lekjaa, aux côtés de représentants du Secrétariat général du gouvernement et de la Caisse nationale de sécurité sociale. Leur coordination illustre la dimension transversale de la réforme, qui dépasse le seul cadre sanitaire pour s’inscrire dans une vision globale de protection sociale.
À travers la mise en place progressive des Groupements Sanitaires Territoriaux, l’exécutif entend poser les bases d’un système de santé plus lisible, mieux gouverné et orienté vers le service au citoyen. Une transformation de fond, appelée à redéfinir durablement l’organisation des soins au Maroc.

