À la veille d’une session décisive du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée au Sahara, la Russie amorce un virage diplomatique significatif. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que Moscou se dit disposée à appuyer le plan d’autonomie proposé par le Maroc, à condition qu’il recueille l’accord de toutes les parties concernées et soit encadré par les Nations unies.
Lors d’un échange avec des médias arabes à Moscou, le chef de la diplomatie russe a rappelé que la position de son pays s’inscrit dans le cadre des résolutions onusiennes existantes. Il a précisé que la Russie « soutient le principe d’autodétermination, mais uniquement par le dialogue, non par des initiatives unilatérales ». Pour Lavrov, la proposition marocaine pourrait représenter une voie réaliste et consensuelle, à condition qu’elle fasse l’objet d’un accord global et d’une supervision internationale.
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Le ministre a également reconnu que « le référendum envisagé à l’origine comme issue au conflit n’est plus en phase avec la réalité politique actuelle », ouvrant ainsi la voie à une lecture plus pragmatique du dossier. Dans cette perspective, Moscou se dit prête à examiner toute nouvelle résolution du Conseil de sécurité allant dans le sens d’un règlement durable, dès lors que celui-ci respecte la légitimité internationale et le consentement des acteurs concernés.
Cette déclaration intervient à un moment particulièrement sensible, quelques jours avant l’examen par le Conseil de sécurité du rapport annuel sur le Sahara et du mandat de la MINURSO. Elle pourrait peser sur les discussions et rééquilibrer les positions au sein du Conseil, où les soutiens explicites au plan marocain proviennent déjà de Washington, Londres et Paris.
Jusqu’ici, la Russie et la Chine étaient les deux puissances permanentes du Conseil à n’avoir pas exprimé d’appui clair à l’initiative marocaine. Mais les analystes estiment que la neutralité de Rabat dans le conflit ukrainien et son adhésion au principe d’une seule Chine pourraient favoriser un rapprochement diplomatique progressif avec Moscou et Pékin.
À travers ce signal mesuré mais inédit, la Russie semble vouloir réaffirmer son rôle d’acteur équilibré dans le dossier du Sahara, tout en ménageant ses alliances et en testant le terrain d’une convergence possible avec la position marocaine dans le cadre onusien.

