Ouarzazate, longtemps éclipsée par les grands pôles touristiques du Royaume, s’apprête à écrire un nouveau chapitre de son histoire. Le ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire vient d’y lancer un vaste plan d’accélération doté de 820 millions de dirhams, avec pour ambition claire : faire de la cité du désert une destination culturelle durable de référence, inscrite dans la feuille de route nationale 2023-2026.
Au cœur de cette stratégie, trois priorités structurantes : réhabiliter l’hébergement touristique, diversifier l’animation culturelle et renforcer la connectivité aérienne. Des leviers pensés pour redonner à Ouarzazate son éclat d’antan, en s’appuyant sur ses atouts uniques — son patrimoine, son hospitalité et son identité cinématographique.
Sur le plan hôtelier, la relance est déjà visible. Neuf établissements fermés depuis plusieurs années ont trouvé repreneur, dont deux, la Résidence Karam et l’Amanar Hotel, ont d’ores et déjà rouvert leurs portes. À terme, 1 800 lits viendront renforcer la capacité d’accueil de la ville, tandis qu’un programme de mise aux normes en cours permettra de reclasser 1 400 lits supplémentaires répartis sur 75 établissements. Un effort significatif pour remettre à niveau l’offre d’hébergement et séduire à nouveau les voyageurs en quête d’authenticité.
Mais Ouarzazate ne se contente pas d’améliorer ses hôtels. La ville mise aussi sur la culture et le patrimoine pour enrichir son attractivité. Deux projets emblématiques incarnent cette vision : la place Jamaâ Al Fna et la Kasbah de Taourirt, actuellement en réhabilitation, deviendront d’ici la fin 2025 des espaces dédiés à la création, à la mémoire et à la convivialité. Au Ksar Aït Benhaddou, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, deux nouvelles places seront aménagées pour accueillir expositions, concerts et manifestations culturelles dès le second semestre 2026. Les appels d’offres sont déjà lancés, confirmant la concrétisation rapide du programme.
Cette dynamique est aussi portée par les acteurs locaux. À travers le programme Go Siyaha, 35 initiatives régionales bénéficient d’un accompagnement ciblé : hébergements écologiques, circuits immersifs, expériences artisanales ou encore projets communautaires. L’objectif est clair : ancrer le développement touristique dans le tissu économique local et créer une valeur durable pour la population.
Côté accessibilité, Ouarzazate renforce ses ailes. La ligne directe Ouarzazate–Londres, ainsi que l’intensification des liaisons avec la France et l’Espagne, ont permis une hausse de 33 % des sièges aériens par rapport à 2019. D’autres connexions sont à l’étude, signe que la région retrouve progressivement sa place sur la carte internationale du tourisme culturel.
Les premiers résultats confirment cette embellie. À fin août 2025, les arrivées à l’aéroport de Ouarzazate ont bondi de 34 % par rapport à la même période de 2019. Un indicateur fort, qui laisse présager un impact encore plus marqué à partir de 2026, lorsque l’ensemble des projets seront opérationnels.
Plus qu’un simple plan d’investissement, cette initiative traduit une vision renouvelée du tourisme marocain : un tourisme responsable, ancré dans les territoires, qui valorise les savoir-faire et les paysages tout en stimulant la croissance locale. Si la réussite se confirme, Ouarzazate pourrait bien redevenir ce qu’elle a toujours été : une passerelle entre tradition et modernité, entre désert et créativité, et un symbole vivant de la renaissance culturelle du Sud marocain.


