Le Maroc est au cœur des discussions mondiales sur la Couverture sanitaire universelle (CSU) à l’occasion du Forum de haut niveau qui s’est ouvert samedi à Tokyo. Le Royaume est représenté par une délégation conduite par le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, mettant en lumière les avancées majeures réalisées dans le renforcement de la protection sociale et la modernisation du système national de santé.
Co-organisé par le gouvernement japonais, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Groupe de la Banque mondiale, ce forum constitue une plateforme stratégique réunissant ministres de la Santé et des Finances autour des réformes innovantes et du financement durable des systèmes de santé. À cette occasion, le rapport mondial de suivi de la CSU 2025 sera présenté, et plusieurs pays annonceront leurs Pactes nationaux pour la santé. Le lancement officiel du UHC Knowledge Hub de Tokyo, soutenu par le Japon, viendra renforcer les capacités des dirigeants dans la mise en œuvre de politiques de santé ambitieuses.
Le Maroc mettra l’accent sur l’avancée de son chantier de généralisation de la protection sociale, illustrée par l’extension de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) qui couvre désormais environ 88% de la population, soit plus de 22 millions de nouveaux assurés, incluant travailleurs indépendants et populations vulnérables. Le ministre Amine Tehraoui a insisté sur la dimension structurelle de cette réforme, qui dépasse la simple reconnaissance de droits nouveaux pour viser un système de santé plus robuste et équitable.
Le projet de réforme repose sur quatre piliers stratégiques. Le premier vise à renforcer la gouvernance, avec la création d’institutions nouvelles et la clarification des responsabilités aux niveaux national et territorial, rapprochant la décision publique des besoins réels des citoyens. Le second pilier concerne la mise à niveau de l’offre de soins, par la modernisation des hôpitaux universitaires et régionaux, la réhabilitation des centres de santé primaires et l’amélioration de l’équité territoriale en matière d’accès aux services essentiels. Le troisième pilier porte sur les ressources humaines, avec un accent sur la formation, la révision des curricula et l’amélioration des conditions de travail pour retenir et motiver les professionnels de santé. Le quatrième pilier s’inscrit dans la transformation digitale, grâce à la mise en place d’un système d’information intégré et d’un Dossier Patient Partagé, permettant un suivi continu et une meilleure planification des politiques de santé.
Le financement constitue un axe majeur de cette transformation. Le budget du ministère de la Santé et de la Protection sociale est passé de 19,7 milliards de dirhams en 2021 à 42,4 milliards en 2026, représentant 8,8% du budget général de l’État, une hausse historique de 115% qui reflète l’engagement fort du gouvernement à soutenir les réformes. La priorité est donnée à l’optimisation de la dépense publique, la préservation de la soutenabilité financière et le soutien aux populations vulnérables, tout en rationalisant les coûts médicaux à travers la promotion de la prévention et le renforcement des soins primaires de proximité.
Dans le cadre de sa coopération internationale, le Maroc confirme son rôle moteur pour la CSU en Afrique, partageant son expérience en financement, protection sociale et développement des ressources humaines, et accompagnant d’autres pays dans la construction de systèmes de santé plus résilients et équitables. L’engagement du Royaume se matérialise également par la mise en œuvre de son Pacte national pour la santé, avec des actions concrètes sur la réduction des barrières financières, la modernisation des infrastructures, l’investissement dans les ressources humaines et la mobilisation du secteur privé et de l’innovation.
La table ronde de Tokyo a réuni, aux côtés de représentants du secteur privé et des institutions financières internationales, les ministres de la Santé de la Zambie et des Fidji, illustrant l’ampleur de la coopération Sud-Sud autour de la CSU. L’événement témoigne du positionnement du Maroc comme acteur clé sur la scène mondiale de la santé, engagé dans la construction d’un système plus inclusif et durable pour tous ses citoyens.

