Soufiane El Bakkali, double champion du monde et champion olympique du 3 000 mètres steeple, a pris le départ du 1 500 mètres lors du meeting de la Diamond League en Silésie, en Pologne. Le Marocain a terminé à la 12ᵉ place avec un chrono de 3 min 34 s 84, loin de ses standards habituels, mais fidèle à une stratégie claire : utiliser cette distance plus courte pour renforcer sa vitesse en vue des Championnats du monde de Tokyo, prévus en septembre.
Le meeting, remporté par l’Américain Yared Nuguse en 3 min 33 s 19, a confirmé l’écart entre les spécialistes du 1 500 m et El Bakkali, dont la discipline exige davantage d’endurance et une maîtrise technique des obstacles. Si ce résultat peut sembler modeste, il répond à une logique de préparation. En affrontant des coureurs explosifs, le Marocain affine sa pointe de vitesse, élément décisif dans la dernière ligne droite d’un steeple exigeant.
Cette participation s’inscrit dans la continuité d’une préparation variée. En juin, El Bakkali avait déjà tenté le 5 000 mètres à Paris pour travailler son endurance. En combinant les distances, il cherche à bâtir un profil complet capable de résister aux accélérations de ses rivaux directs comme Lamecha Girma ou Abraham Kibiwot. L’objectif affiché demeure inchangé : conserver sa couronne mondiale et, si les conditions le permettent, s’approcher du record de Girma (7 min 52 s 96) grâce à son propre record personnel fixé à 7 min 56 s 68.
Au-delà du simple maintien de son hégémonie, El Bakkali nourrit aussi l’ambition d’écrire une page supplémentaire de l’histoire de l’athlétisme marocain. Un troisième titre mondial consécutif, assorti éventuellement d’un doublé sur une autre distance, le placerait dans la lignée des grandes légendes nationales comme Hicham El Guerrouj. La piste rapide du Stade national de Tokyo, déjà théâtre des Jeux olympiques, pourrait offrir le décor idéal à cette quête.


