ouverture de la première usine de cannabis légal
Le secteur du cannabis légal au Maroc a franchi une étape décisive avec l’inauguration de la première usine de transformation dans la province de Taounate. Le Directeur général de l’Agence Nationale de Réglementation des Activités relatives au Cannabis (ANRAC), Mohamed El Guerrouj, a présidé cette cérémonie, marquant le début d’une nouvelle ère pour l’industrie du cannabis au Maroc. En présence de Saleh Daha, gouverneur de la province, cet événement s’inscrit dans le cadre de la loi 13-21, régissant les usages licites du cannabis, récemment adoptée par le gouvernement marocain.
Cette usine de cannabis promet d’apporter un impact significatif sur l’économie locale, avec la création de 25 emplois permanents et l’émergence d’une filière à haute valeur ajoutée. Mohamed El Guerrouj a exprimé son optimisme quant à l’avenir de cette industrie, affirmant que “toutes les conditions sont réunies pour un lancement réussi, grâce aux efforts conjoints de l’ANRAC et du gouvernement”. Cette première unité renforcera la position de Taounate en tant que centre d’expertise pour la transformation légale du cannabis au Maroc, en ouvrant de nouvelles perspectives économiques.
L’accompagnement des investisseurs et des agriculteurs constitue l’une des priorités de cette initiative. El Guerrouj a souligné que cette nouvelle filière permet à un nombre croissant d’acteurs locaux de saisir des opportunités jusque-là inexistantes, tout en respectant les réglementations en vigueur. Un programme de contrôle strict a également été mis en place pour garantir le respect des normes, assurer la qualité des produits et encadrer l’ensemble de la chaîne de production.
Le projet bénéficie d’un investissement de 20 millions de dirhams (MDH), mobilisé par l’investisseur local Mustapha El Missouri. Ce dernier, également présent lors de l’inauguration, a fait part de son enthousiasme pour le développement économique de la région. “Cette usine, construite sur une superficie de plus de 3000 m², intègre des pépinières modernes et des unités industrielles d’extraction à la pointe de la technologie”, a expliqué El Missouri. Il a ajouté que ce projet a permis la création de 25 emplois permanents, auxquels s’ajouteront plus de 300 emplois saisonniers tout au long de l’année. Ces postes, principalement destinés à la main-d’œuvre locale, représentent une véritable opportunité de croissance pour l’économie de Taounate.
Le processus de mise en place de cette usine a été long et complexe, nécessitant la collaboration entre diverses entités publiques et privées. El Missouri a détaillé les efforts continus entrepris depuis la légalisation du cannabis au Maroc, en 2023. Parmi les organismes impliqués figurent l’ANRAC, les autorités locales, la Direction des Médicaments et de la Pharmacie, l’Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA), ainsi que le ministère du Commerce et de l’Industrie. “Nous avons dû travailler sans relâche pour obtenir les autorisations nécessaires et nous conformer aux exigences légales en vigueur”, a précisé El Missouri.
L’inauguration de cette première usine intervient dans un contexte politique marqué par un geste fort de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui, à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple, a accordé une grâce royale à des personnes condamnées ou recherchées dans des affaires liées à la culture du cannabis. Ce geste a apporté un grand soulagement aux agriculteurs de la région, les incitant à adhérer à cette nouvelle filière légale.
L’avenir du cannabis légal à Taounate semble donc prometteur. De nombreuses demandes de participation affluent, ce qui témoigne de l’intérêt croissant pour ce secteur en plein essor. L’objectif des acteurs locaux est de faire de cette usine un modèle de réussite, non seulement pour la région, mais aussi pour tout le Maroc.
Cette inauguration est un tremplin pour l’économie locale et nationale, ouvrant la voie à une industrie du cannabis légale, responsable et porteuse d’emplois. Le développement de cette filière s’accompagnera d’une formation continue des agriculteurs et des investisseurs, assurant ainsi la pérennité et la qualité de la production à long terme.


