Le positionnement du Maroc sur les marchés touristiques internationaux passe désormais par un levier clé : le développement du tourisme réceptif. Réunis à Salé à l’occasion du 2e Forum des agences de voyages, les professionnels du secteur ont mis en avant l’urgence d’accélérer cette transition, dans un contexte de mutation profonde de l’industrie du voyage.
Organisé sous le thème « L’incoming : croître ou disparaître », l’événement a rassemblé opérateurs, experts et institutionnels autour d’un constat partagé : les agences réceptives, ou DMC (Destination Management Companies), jouent un rôle structurant dans la valorisation de la destination Maroc. De la conception de circuits à la promotion à l’international, en passant par la coordination avec les tour-opérateurs étrangers, leur contribution apparaît déterminante dans la chaîne de valeur touristique.
Un modèle sous pression
Mais cette évolution intervient dans un environnement de plus en plus contraignant. Le président de la Fédération nationale des agences de voyages (FNAVM), Mohamed Semlali, a pointé plusieurs défis majeurs : montée en puissance des plateformes internationales, désintermédiation croissante, concurrence informelle et pression sur les marges.
Dans ce contexte, les professionnels sont appelés à revoir leur modèle économique, en privilégiant l’innovation, la digitalisation et la création de produits à plus forte valeur ajoutée. L’enjeu est également de mieux maîtriser les circuits de distribution, afin de renforcer la compétitivité des opérateurs nationaux.
L’incoming comme choix stratégique
Au-delà des contraintes conjoncturelles, le développement du tourisme réceptif est désormais présenté comme un axe structurant pour le secteur. Pour les acteurs réunis à Salé, la transformation des agences orientées vers l’« outgoing » en opérateurs « incoming » constitue une condition essentielle pour capter davantage de flux internationaux et consolider la souveraineté économique du tourisme marocain.
Le président de l’Association des agences de voyage de Rabat-Salé-Kénitra (AVRSK), Othmane Ibn Ghazala, a insisté sur le rôle central de ces opérateurs dans la dynamique économique : organisation de circuits, développement d’événements, création d’emplois et valorisation des territoires.
Cap sur 2030
La question de la préparation aux grandes échéances internationales, notamment la Coupe du monde 2030, a également été au centre des discussions. Les intervenants ont souligné la nécessité de renforcer les compétences des professionnels et d’élever le niveau de qualité des services pour répondre aux attentes d’une clientèle internationale de plus en plus exigeante.
Deux panels ont structuré les échanges : l’un consacré au rôle des DMC comme moteur de croissance, l’autre aux modèles de gouvernance du secteur.

