Tunnel Maroc-Espagne : Madrid débloque 1,73 million d’euros pour relancer le projet stratégique
Madrid relance concrètement le projet de tunnel ferroviaire Maroc–Espagne.
Le gouvernement de Espagne a approuvé un financement supplémentaire de 1,73 million d’euros destiné à poursuivre les études techniques de la future liaison fixe sous le détroit de Gibraltar. Cette enveloppe, inscrite dans le budget 2026, sera allouée à la société publique Secegsa, chargée de coordonner les recherches et la coopération avec la partie marocaine.
Ce nouvel appui financier confirme l’accélération d’un chantier stratégique pour les deux rives de la Méditerranée. Depuis 2022, Madrid a mobilisé plus de 9,6 millions d’euros pour maintenir les études du projet, contre à peine 50.000 euros par an auparavant. Cette évolution marque un changement d’échelle dans l’engagement espagnol et s’inscrit dans le sillage du rapprochement diplomatique entre Rabat et Madrid, qui a permis de réactiver plusieurs dossiers de coopération majeurs.
Le tunnel ferroviaire Maroc–Espagne vise à établir une connexion continentale directe entre l’Europe et l’Afrique. Pour le Maroc, cette infrastructure représente un levier stratégique majeur : elle renforcerait la position du Royaume comme hub logistique entre les deux continents, faciliterait les échanges commerciaux et fluidifierait le transport de passagers et de marchandises.
Les études en cours doivent actualiser les données techniques élaborées il y a plusieurs décennies et intégrer les avancées récentes en ingénierie. Les premières estimations évoquent un tunnel d’environ 38 kilomètres, dont près des trois quarts sous le fond marin, à grande profondeur. La complexité géologique du détroit constitue l’un des principaux défis, nécessitant des analyses sismiques et des études de terrain approfondies menées en coordination entre experts marocains et espagnols.
À terme, le projet pourrait s’intégrer aux réseaux ferroviaires européens à grande vitesse, ouvrant la voie à des liaisons directes entre des villes marocaines et plusieurs destinations européennes. Un soutien financier de l’Union européenne demeure envisageable en raison de la portée stratégique de cette infrastructure pour le commerce euro-africain.
Les projections actuelles tablent sur un chantier de longue haleine et des investissements de plusieurs milliards d’euros, des estimations qui dépendront des résultats des études techniques toujours en cours.



