Les propos de Rafael van der Vaart sur les joueurs binationaux d’origine marocaine ont déclenché une vague de réactions, ravivant un débat sensible entre le Maroc et les Pays-Bas.
Invité de l’émission Studio Voetbal, l’ancien international néerlandais a affirmé que les joueurs qui ne parviennent pas à s’imposer avec la sélection néerlandaise finissent par se tourner vers le Maroc. Une sortie jugée réductrice et largement critiquée, d’autant qu’elle intervient dans un contexte de montée en puissance des Lions de l’Atlas sur la scène internationale.
« Tous les Marocains qui ne sont pas assez bons ici vont jouer pour le Maroc », a-t-il lancé, avant d’estimer que seul Hakim Ziyech aurait eu sa place au sein de la sélection néerlandaise. Il a également ajouté que les Pays-Bas n’avaient aucune raison de s’inquiéter du Maroc, malgré son parcours jusqu’en demi-finale de la Coupe du monde. Ces déclarations, reprises par plusieurs médias néerlandais, ont rapidement alimenté la polémique.
Au-delà de la formule, c’est surtout la lecture du phénomène des binationaux qui interroge. En réduisant leur choix à une question de niveau, Van der Vaart ignore des paramètres essentiels qui influencent ces décisions : attachement culturel, projet sportif, opportunités de carrière internationale ou encore place accordée au joueur dans chaque sélection. Une vision que contestent de nombreux observateurs, qui rappellent que le choix du Maroc s’inscrit de plus en plus dans une logique d’adhésion à un projet ambitieux.
Ces dernières années, l’équipe du Maroc de football a profondément changé de statut. Sa performance historique lors de la Coupe du monde 2022 a renforcé son attractivité auprès des talents issus de la diaspora, tout en consolidant la crédibilité de son projet sportif. La structuration de la formation et les investissements consentis dans le développement du football national ont également contribué à repositionner le Maroc comme une destination compétitive, et non plus comme une option par défaut.
Dans ce contexte, les choix récents de jeunes profils formés en Europe, à l’image de Rayan Bounida, illustrent une tendance plus large. Le Maroc ne se contente plus de récupérer des joueurs en fin de parcours international : il attire désormais des talents en pleine progression, capables de s’inscrire dans la durée.
Les propos de Van der Vaart traduisent ainsi une certaine crispation face à cette évolution. Là où certains y voient une concurrence accrue entre sélections, d’autres y lisent une difficulté persistante à reconnaître la transformation du football marocain et, plus largement, l’émergence des nations africaines sur la scène mondiale. La polémique qu’ils suscitent rappelle en tout cas une réalité devenue incontournable : le Maroc s’impose désormais comme un acteur qui compte, y compris dans les débats européens.


