Le ministère de l’Agriculture accélère les préparatifs de l’Aïd Al-Adha 2026 avec un objectif affiché : garantir un approvisionnement suffisant du marché national tout en limitant les dérives spéculatives qui pèsent sur les prix du bétail. Lundi, à la Chambre des représentants, le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari, a détaillé les mesures engagées pour encadrer les circuits de distribution du cheptel destiné au sacrifice et préserver le pouvoir d’achat des ménages.
Le responsable gouvernemental a indiqué que son département travaille, en coordination avec les différents partenaires concernés, à réorganiser les circuits de commercialisation afin de réduire le nombre d’intermédiaires et de freiner les marges bénéficiaires jugées excessives. Cette démarche, a-t-il expliqué, vise à maintenir un équilibre entre les intérêts des éleveurs et des engraisseurs et ceux des consommateurs, dans un contexte marqué par une forte sensibilité des prix à l’approche de l’Aïd Al-Adha.
Le ministère poursuit parallèlement la mise en œuvre d’un programme global destiné à sécuriser l’approvisionnement des marchés nationaux en ovins et caprins. Selon les estimations présentées par Ahmed El Bouari, l’offre disponible cette année atteindra près de 9 millions de têtes, alors que la demande nationale est évaluée entre 6 et 7 millions. Des chiffres qui, selon le ministère, permettent d’assurer une couverture confortable des besoins liés à cette fête religieuse.
Au-delà des volumes disponibles, les autorités mettent l’accent sur le contrôle sanitaire du cheptel. Le ministre a rappelé que les mesures préventives instaurées depuis 2024 restent en vigueur, notamment à travers la circulaire conjointe des ministères de l’Intérieur et de l’Agriculture portant sur le contrôle des aliments pour bétail et des produits utilisés dans l’alimentation des animaux destinés au sacrifice. Les autorités poursuivent également l’aménagement de marchés temporaires afin de mieux encadrer les conditions de vente.
Dans ce cadre, les services vétérinaires relevant de Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires ont recensé jusqu’à présent 162.000 exploitations d’élevage et d’engraissement d’ovins et de caprins destinés à l’Aïd Al-Adha. Les contrôles menés dans les différentes régions du Royaume confirment, selon le ministère, que le cheptel national se trouve dans un bon état sanitaire et demeure exempt de maladies contagieuses.
Les opérations de contrôle se poursuivent également sur les aliments pour bétail, l’eau utilisée dans les élevages ainsi que les médicaments vétérinaires. Les autorités ont en outre renforcé la surveillance du transport des déchets de volailles, désormais soumis à une autorisation préalable délivrée par les services vétérinaires afin d’éviter toute utilisation illégale dans l’alimentation animale.
Sur le terrain, les services de l’ONSSA ont réalisé près de 3.300 opérations de contrôle ayant donné lieu à des prélèvements et à des analyses en laboratoire. Les opérations conjointes menées avec les autorités locales et la Gendarmerie Royale ont, pour leur part, abouti à l’établissement de dix procès-verbaux d’infraction.
Concernant l’organisation des marchés, le ministère a annoncé l’aménagement de 43 marchés temporaires en milieu urbain pour renforcer les capacités de vente à travers le pays. Le réseau national compte désormais 573 marchés de vente de bétail, dont 454 équipés par les collectivités territoriales. À cela s’ajoutent 76 points de vente installés dans les grands marchés ainsi que des circuits de vente directe destinés à rapprocher les éleveurs des consommateurs.
Ahmed El Bouari a également insisté sur l’amélioration de la situation du cheptel national après plusieurs années marquées par les effets de la sécheresse. Selon lui, le programme de reconstitution du cheptel, combiné au retour de conditions climatiques plus favorables et aux naissances automnales et printanières, a permis un rétablissement rapide des équilibres du secteur. Le ministre estime que ce dispositif exceptionnel a apporté un soutien important aux éleveurs et renforcé l’accompagnement des professionnels de la filière.
Le département de l’Agriculture affirme enfin poursuivre, en coordination avec l’ensemble des intervenants, les efforts nécessaires pour assurer le bon déroulement de l’Aïd Al-Adha 2026 dans des conditions sanitaires et organisationnelles maîtrisées, alors que la question des prix du bétail reste au cœur des préoccupations des ménages marocains.

