La crise qui secoue le football sénégalais après l’élimination des Lions à la Coupe du monde 2026 prend une dimension institutionnelle. L’Assemblée nationale du Sénégal a annoncé l’organisation d’auditions publiques sur les conditions de préparation, d’organisation et de participation de la délégation sénégalaise au Mondial. Les travaux, prévus à partir du mercredi 22 juillet, devraient notamment examiner la gestion sportive, administrative, financière et logistique de la campagne.
Cette initiative intervient alors que la Fédération sénégalaise de football (FSF), dirigée par Abdoulaye Fall, fait face à une contestation grandissante après l’élimination du Sénégal dès les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Au-delà du résultat sportif, plusieurs interrogations portent désormais sur la préparation des Lions, l’organisation de la délégation et le fonctionnement de la chaîne de décision autour de l’équipe nationale.
Dans un communiqué publié le 17 juillet, la Commission de l’Éducation, de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs de l’Assemblée nationale a annoncé des « auditions publiques consacrées aux conditions de préparation, d’organisation et de participation de la délégation sénégalaise à la Coupe du monde 2026 ». La démarche relève de la mission de contrôle de l’action publique confiée au Parlement.
🇸🇳 L’Assemblée nationale du Sénégal agit. La Commission des Sports lance des auditions publiques sur la préparation,l’organisation et la participation du Sénégal à la Coupe du Monde 2026.
Objectif : faire la lumière sur les responsabilités et tirer les enseignements. pic.twitter.com/IaTLrcJmhg— Lassana Camara (@mauritaniefoot) July 17, 2026
Les députés entendent ainsi obtenir des explications précises sur la manière dont la participation du Sénégal au Mondial a été préparée et gérée. Les auditions devraient porter sur la préparation sportive de la sélection, la composition de la délégation officielle, mais aussi sur les aspects administratifs, financiers et logistiques liés au séjour de l’équipe.
La gouvernance de la sélection et la chaîne de décision seront également examinées. Les parlementaires souhaitent comprendre comment les principales décisions ont été prises, quelles responsabilités incombaient aux différents acteurs et dans quelles conditions les ressources mobilisées pour la Coupe du monde ont été utilisées.
Pour mener ce travail, la Commission prévoit d’entendre les autorités publiques concernées, les responsables de la Fédération sénégalaise de football ainsi que les membres de l’encadrement technique et administratif. D’autres personnes susceptibles d’apporter des éclaircissements pourraient également être auditionnées.
Cette offensive parlementaire intervient alors que la FSF tente de répondre aux critiques qui se sont multipliées depuis la sortie prématurée des Lions. La Fédération a déjà pris une décision majeure en mettant fin à sa collaboration avec Pape Thiaw et son staff technique. Une mesure qui a placé l’encadrement sportif au premier plan des conséquences de l’échec au Mondial.
Mais cette décision n’a pas suffi à éteindre la polémique. Les critiques dépassent désormais les seuls choix tactiques ou les performances des joueurs. Des questions sont également soulevées sur la préparation de la compétition, l’organisation de la délégation et la gestion logistique de la participation sénégalaise.
Dans ce climat tendu, la Fédération sénégalaise de football dénonce, de son côté, ce qu’elle considère comme une campagne visant à fragiliser son image et celle de ses dirigeants. Le vice-président de la Ligue de football amateur, Iyane Thiam, présenté comme un proche du président de la FSF, a notamment évoqué une « campagne de diabolisation » contre l’instance fédérale.
Dans ses accusations, il met en cause Mady Touré, ancien international sénégalais et fondateur de l’académie Génération Foot. Iyane Thiam lui reproche d’avoir, selon lui, financé une campagne médiatique relayée notamment par le média Sportsnewsafrica, qui avait fait état de dysfonctionnements au sein de la sélection sénégalaise durant le Mondial.
Ces accusations restent toutefois à étayer. Aucun élément public disponible à ce stade ne permet d’établir l’existence d’une opération coordonnée ou d’un financement destiné à déstabiliser la Fédération. Les protagonistes concernés pourraient donc être appelés à apporter des éléments permettant de vérifier ces affirmations.
Avec l’ouverture des auditions parlementaires, la crise du football sénégalais entre désormais dans une nouvelle phase. Le débat ne porte plus seulement sur l’élimination des Lions ou le remplacement de Pape Thiaw. Il concerne désormais la gouvernance, la préparation et la gestion globale de la participation du Sénégal à la Coupe du monde 2026.
Pour la FSF, l’enjeu sera de répondre de manière précise et documentée aux interrogations qui seront soulevées par les parlementaires. Les auditions pourraient ainsi permettre de distinguer les responsabilités sportives de celles relevant de la gestion administrative et institutionnelle, tout en apportant un éclairage sur les dysfonctionnements dénoncés depuis la fin de la campagne mondiale.
Au-delà de la polémique actuelle, le Parlement sénégalais entend tirer les enseignements de cet épisode pour améliorer la préparation des prochaines échéances internationales. Pour la Fédération, cette séquence marque surtout le début d’un examen approfondi de sa gestion de l’équipe nationale et de son fonctionnement.

