Le voile est levé sur la rémunération d’Antonio Filosa, successeur désigné de Carlos Tavares à la tête de Stellantis. L’information, issue de documents publiés le 5 juin en amont de l’assemblée générale extraordinaire prévue le 18 juillet, éclaire sur le montant que touchera le futur dirigeant du géant automobile. Un sujet sensible après les vives polémiques sur les salaires élevés dans le secteur, et plus particulièrement ceux de Carlos Tavares, devenu l’un des patrons les mieux payés du CAC 40.
Antonio Filosa, 52 ans, pourra prétendre à un salaire de base de 1,8 million de dollars, soit environ 1,6 million d’euros. Une somme qui reste inférieure à celle perçue par son prédécesseur en 2021, alors que ce dernier venait de prendre les commandes du groupe nouvellement formé. Tavares affichait alors un salaire fixe de 2 millions d’euros. Mais au-delà de cette rémunération de départ, ce sont les bonus potentiels qui attirent l’attention. En cas de performances au rendez-vous, Filosa pourrait engranger jusqu’à 18 millions de dollars dès sa première année complète, soit l’équivalent de 15,7 millions d’euros. À l’horizon 2028, ce montant pourrait grimper à 23 millions de dollars, selon les objectifs atteints.
La stratégie du groupe pour son nouveau leader repose donc sur une rémunération fortement indexée sur les résultats. Filosa pourrait ainsi percevoir une prime annuelle équivalente à 400 % de son salaire de base (7,2 millions de dollars), à laquelle s’ajoute une prime de long terme pouvant atteindre 500 % (9 millions de dollars), distribuée sous forme d’actions de performance. En attendant, une prime de bienvenue de 1,2 million de dollars par an lui sera versée en 2025, 2026 et 2027, à condition qu’il reste en poste durant cette période.
Stellantis ne mise pas seulement sur la rémunération pour séduire son nouveau capitaine. Le groupe prévoit également des avantages liés à son déménagement, une protection rapprochée et l’accès à un jet privé, comme le stipulent les documents préparatoires à l’assemblée. Une panoplie de privilèges à la hauteur des missions qui attendent Antonio Filosa.
Le futur PDG devra faire face à des défis considérables : redresser les ventes dans un marché automobile mondial en mutation, rassurer les investisseurs après une série d’annonces controversées, gérer l’avenir de plusieurs sites européens, et surtout, affiner la stratégie du groupe dans le virage complexe de l’électrification. Une tâche d’envergure, qui justifie aux yeux du conseil d’administration une politique de rémunération incitative.
Sa nomination, annoncée officiellement le 28 mai, doit encore être validée par un vote des actionnaires le 18 juillet. Mais sauf revirement inattendu, l’homme à la double nationalité italo-brésilienne prendra les rênes du groupe automobile franco-italo-américain dès le 23 juin. Fort de 25 années passées dans l’univers Stellantis, Antonio Filosa s’apprête à écrire un nouveau chapitre de son parcours… et peut-être à reproduire, voire surpasser, le parcours de Carlos Tavares.


