En 2025, l’artisanat marocain a franchi un nouveau cap à l’export, dépassant pour la première fois le seuil de 1,23 milliard de dirhams, avec une croissance annuelle de 11 %, selon le Secrétariat d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire. Cette performance confirme la solidité et la résilience d’un secteur qui maintient son élan malgré un contexte économique international incertain et marqué par des tensions commerciales.
Les exportations ont progressé de manière régulière tout au long de l’année, avec des pics remarquables en janvier, juillet et novembre, enregistrant des hausses respectives de 31 %, 34 % et 27 % par rapport aux mêmes périodes de 2024. Parmi les produits qui se sont le plus distingués, les vêtements traditionnels ont connu une envolée spectaculaire de 75 %, renforçant leur part dans le total des exportations artisanales à 17 %, contre 11 % un an auparavant.
Les articles en poterie et en pierre restent les principaux piliers de l’exportation, représentant 36 % du chiffre d’affaires global, soutenus par une augmentation annuelle supérieure à 11 %. Les tapis marocains conservent leur deuxième position, avec 18 % de contribution au chiffre d’affaires global, tandis que les bijoux, malgré une part plus modeste, enregistrent une progression notable de 52 %, témoignant du potentiel de diversification des produits marocains sur les marchés internationaux.
Le marché américain confirme son rôle de moteur des exportations marocaines, consolidant sa position de premier débouché avec une part de 49 % et une croissance de près de 25 %. La Turquie se distingue par sa progression fulgurante, multipliant ses importations par 2,5 et s’installant au troisième rang des marchés, avec 6 % du total des exportations artisanales. La France, tout en restant le deuxième marché, voit sa part reculer à 11 % contre 14 % en 2024.
Sur le plan territorial, Marrakech conserve sa place de premier pôle exportateur, suivie de Casablanca. Fès enregistre toutefois une performance exceptionnelle avec une croissance annuelle de 81 %, portant sa part à 21 % contre 13 % l’année précédente. Tanger se distingue également avec une progression de 24 %, atteignant 8 % des exportations artisanales, tandis que Marrakech et Casablanca voient leurs parts respectives diminuer à 38 % et 31 %.
Ces résultats soulignent non seulement la vitalité du secteur de l’artisanat marocain, mais aussi son rôle stratégique dans la diversification des exportations nationales, en alliant savoir-faire traditionnel et dynamisme commercial. La montée en puissance de nouvelles catégories de produits et de marchés témoigne de l’ouverture croissante du Maroc sur les marchés internationaux et de la capacité du secteur à saisir les opportunités, malgré un contexte mondial instable.

