À Rabat, le ministère de l’Équipement et de l’Eau a levé le voile sur ses ambitions pour 2026, en présentant un programme de marchés publics qui confirme la place centrale des infrastructures dans la stratégie économique du Royaume. Porté par une enveloppe globale avoisinant 73 milliards de dirhams, en hausse de 4% sur un an, ce plan entend accélérer les chantiers structurants tout en consolidant le rôle des entreprises nationales du BTP.
Lors de cette rencontre tenue au Centre d’accueil et de conférences, Nizar Baraka a détaillé une répartition budgétaire marquée par une forte concentration sur les équipements publics, qui captent près de 28,8 milliards de dirhams. Les infrastructures routières suivent avec 21,8 milliards, tandis que le secteur de l’eau mobilise 18 milliards et que les ports bénéficient d’une enveloppe proche de 4 milliards. Une architecture qui traduit la volonté de l’État de maintenir un cap clair : renforcer les réseaux structurants et soutenir le développement territorial.
D’après les informations rapportées par L’Economiste, cette progression s’inscrit dans une dynamique plus large d’investissement public, dont le volume global devrait atteindre 380 milliards de dirhams en 2026. L’objectif affiché est double : accélérer l’exécution des projets en cours et lancer de nouvelles initiatives capables de stimuler l’activité économique dans les régions.
Au-delà des chiffres, la rencontre a mis en lumière une orientation assumée vers une approche territoriale plus équilibrée. Les représentants de la Fédération nationale du BTP et de la Fédération marocaine du conseil en ingénierie ont insisté sur la nécessité de bâtir des écosystèmes régionaux solides, capables d’absorber ces investissements et de les transformer en croissance durable. L’enjeu dépasse la simple réalisation d’infrastructures : il s’agit de créer des pôles d’activité cohérents, intégrés et résilients.
Dans ce contexte, le ministre a appelé les opérateurs nationaux à franchir un cap en matière de modernisation. L’accent a été mis sur l’amélioration des capacités techniques, l’adaptation aux nouvelles exigences du marché et surtout le renforcement du capital humain. La formation, en partenariat avec les universités et les établissements spécialisés, apparaît comme un levier clé pour répondre aux besoins croissants en compétences dans l’ingénierie et les métiers du BTP.
Cette orientation s’inscrit dans une logique plus large de réduction des disparités régionales. En favorisant une répartition équilibrée des compétences et des investissements, les pouvoirs publics entendent soutenir l’emploi local et garantir une meilleure efficacité dans la mise en œuvre des projets. Une démarche qui fait écho aux priorités nationales en matière de développement territorial et d’inclusion économique.
La présence de Abdessamad Kayouh a également permis d’élargir les perspectives, notamment sur les opportunités offertes dans les secteurs ferroviaire, aéroportuaire et logistique. Le ministre a rappelé que 148 marchés publics avaient été lancés en 2025 pour un montant dépassant 36 milliards de dirhams, confirmant le dynamisme du secteur et son rôle moteur dans l’économie nationale.
Cette journée d’information revêtait enfin une dimension particulière : elle marque la dernière édition organisée sous le mandat du gouvernement actuel. À l’approche des échéances électorales, elle offre aux professionnels une lecture claire des projets à venir, tout en réaffirmant les principes de transparence et de concurrence dans l’accès aux marchés publics.
Au cœur de ces annonces, un constat s’impose : le BTP reste un pilier de l’économie marocaine, à la fois pour sa contribution à la croissance et pour sa capacité à générer de l’emploi. Le programme 2026 confirme cette trajectoire, avec l’ambition de transformer l’investissement public en levier durable de développement.


