En janvier 2026, le secteur du BTP au Maroc a enregistré un net ralentissement. Les livraisons de ciment, principal baromètre de l’activité du bâtiment et des travaux publics, ont chuté de 18,8 % par rapport au même mois de l’année précédente, alors qu’elles affichaient encore une progression de 13,8 % en janvier 2025. Les données publiées par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) confirment un début d’année marqué par un coup d’arrêt conjoncturel.
Cette baisse s’explique en grande partie par les précipitations exceptionnellement abondantes enregistrées à travers le Royaume. Les intempéries ont perturbé de nombreux chantiers, retardé les travaux et ralenti les cadences de construction. Dans un secteur fortement dépendant des conditions climatiques, l’impact a été immédiat sur les volumes livrés.
Le repli touche la quasi-totalité des segments. Les livraisons destinées à la distribution ont reculé de 24,5 %, celles du béton prêt à l’emploi de 11,5 %, tandis que le préfabriqué accuse une baisse de 14,2 %. Les infrastructures enregistrent un recul de 13,2 % et le segment bâtiment de 7,2 %. Seuls les mortiers échappent à cette tendance, avec une progression notable de 21,4 %, signe d’une activité maintenue sur certains travaux spécifiques moins exposés aux arrêts de chantiers.
Si l’activité opérationnelle marque le pas, les indicateurs financiers dessinent un tableau plus nuancé. À fin 2025, l’encours des crédits à l’immobilier a progressé de 3,4 %, atteignant près de 321,5 milliards de dirhams, soit sa meilleure performance des cinq dernières années. Les crédits à l’habitat ont augmenté de 3,3 %, contre 1,7 % un an plus tôt. Les financements destinés à la promotion immobilière affichent, eux, une hausse de 5,3 %, après une progression de 5,7 % en 2024.
Ces chiffres traduisent un maintien de la dynamique de financement immobilier, malgré un début d’année perturbé pour les chantiers. Le recul des livraisons de ciment apparaît ainsi davantage comme un effet conjoncturel lié aux conditions météorologiques qu’un retournement structurel du secteur du BTP au Maroc. Les prochains mois permettront de mesurer la capacité du marché à rattraper ce retard et à confirmer la solidité de la reprise engagée depuis 2024.


