La polémique autour de la CAN 2025 a pris une nouvelle ampleur ce samedi 28 mars au Stade de France. À quelques minutes d’un match amical face au Pérou, la sélection sénégalaise a choisi d’exhiber publiquement le trophée continental, alors même que la Confédération africaine de football (CAF) a officiellement attribué le titre au Maroc après une décision disciplinaire retentissante. Un geste fort, perçu comme une contestation directe de l’autorité de l’instance dirigeante.
Devant un public acquis à leur cause, les Lions de la Teranga ont transformé l’avant-match en véritable démonstration symbolique. Le capitaine Kalidou Koulibaly a pénétré sur la pelouse avec le trophée, entouré de ses coéquipiers, sous les acclamations des supporters et dans une ambiance festive portée par la présence de l’artiste Youssou Ndour. Les joueurs ont ensuite effectué un tour d’honneur, chacun brandissant à tour de rôle le trophée, avant de poser pour une photo officielle. Une séquence soigneusement mise en scène qui envoie un message clair : pour eux, le titre reste légitime.
Cette démonstration intervient pourtant dans un contexte réglementaire sans équivoque. Le 17 mars, la commission d’appel de la CAF a tranché en faveur du Maroc, estimant que le retrait temporaire des joueurs sénégalais lors de la finale constituait une infraction grave. Pendant près de 16 minutes, les joueurs avaient quitté la pelouse sur instruction de leur sélectionneur Pape Thiaw, en signe de protestation contre une décision arbitrale liée à un penalty accordé après recours à la VAR. Aux yeux du règlement, cette interruption a été assimilée à un abandon de match, entraînant une défaite sur tapis vert et l’attribution du trophée au Maroc.
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Sur le terrain, le scénario avait pourtant tourné à l’avantage du Sénégal. Après un retour sur la pelouse, les Lions avaient arraché la victoire en prolongation grâce à un but de Pape Gueye, alors que Brahim Diaz avait manqué le penalty litigieux. Mais cette issue sportive a été balayée par la décision administrative, qui a requalifié le résultat en victoire 3-0 pour le Maroc, modifiant profondément l’issue officielle de la compétition.
Face à cette décision, la Fédération sénégalaise de football a rapidement engagé une bataille juridique. Le dossier a été porté devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), avec l’objectif de faire annuler ce verdict que les dirigeants qualifient de profondément injuste. En attendant l’issue de cette procédure, la fédération maintient sa position et continue d’afficher une deuxième étoile sur le maillot national, symbole de ce titre contesté.
Des images que l’on aime voir 🤩 pic.twitter.com/Wr67IBVDsO
— Equipe du Sénégal (@GaindeYi) March 28, 2026
Cette posture de défi ne passe pas inaperçue. Certains observateurs y voient une stratégie de pression, d’autres une atteinte aux règles qui régissent les compétitions internationales. Au Maroc, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer une remise en cause de la décision officielle, estimant que ces célébrations entretiennent une confusion nuisible à la crédibilité du football africain.
Le dossier est désormais entre les mains du TAS, dont la décision est attendue dans les prochains mois. D’ici là, la CAN 2025 reste suspendue à une incertitude rare à ce niveau de compétition. Entre vérité sportive et verdict juridique, le bras de fer engagé pourrait laisser des traces durables dans les relations entre les instances et les fédérations concernées.

