L’affaire de la démolition de la villa Dar Al-Stouki, bâtiment historique situé dans le quartier des Hôpitaux à Casablanca, connaît un tournant décisif. Selon des sources concordantes, le ministère de l’Intérieur a acté, ce mardi après-midi, la révocation du pacha du Maârif, également en charge du troisième district urbain, ainsi que du caïd relevant de l’annexe administrative d’Anoual.
Cette décision intervient à l’issue de la procédure administrative engagée à la suite de la destruction de cet édifice construit en 1932, classé dans le patrimoine architectural de la ville. Elle marque la fin du volet disciplinaire concernant les deux agents d’autorité, déjà suspendus à titre conservatoire à la mi-mars.
Durant cette période, les deux responsables avaient été temporairement affectés à la préfecture d’Anfa, le temps que les investigations administratives soient menées. Parallèlement, des auditions ont été conduites au niveau de la préfecture de Casablanca, dans le cadre de l’enquête ouverte sur les circonstances de la démolition.
L’affaire a suscité une vive controverse, tant en raison de la valeur patrimoniale du bâtiment que des conditions ayant conduit à sa disparition. Située rue Salim Cherkaoui, la villa Dar Al-Stouki figurait parmi les constructions emblématiques du tissu urbain casablancais du début du XXe siècle.
Le bien avait été acquis en 2025 par une société immobilière, qui avait par la suite introduit une demande d’autorisation pour la réalisation d’un immeuble en R+9 sur le site. Cette requête avait été rejetée par les instances compétentes, notamment en raison du classement patrimonial de la villa. Une autorisation de consolidation du bâtiment avait toutefois été accordée.
Malgré ce refus, la démolition a été menée, dans des circonstances qui restent au cœur des investigations en cours. L’évacuation préalable des occupants avait ouvert la voie à la destruction de l’édifice, suscitant de nombreuses interrogations sur le respect des procédures et les responsabilités engagées.
Si la révocation des deux responsables territoriaux clôt le volet administratif les concernant, le dossier n’est pas pour autant entièrement refermé. Une enquête préliminaire se poursuit afin de déterminer les éventuelles responsabilités d’autres parties impliquées dans cette opération, notamment au niveau du promoteur et des intervenants ayant contribué à la démolition.
Au-delà des sanctions prononcées, cette affaire relance le débat sur la protection effective du patrimoine architectural à Casablanca, dans un contexte marqué par une pression foncière croissante et des arbitrages parfois contestés entre préservation et développement urbain.

