La région de Casablanca-Settat confirme son statut de moteur agricole du Maroc. Pour la campagne agricole en cours, la production céréalière régionale devrait atteindre près de 25,8 millions de quintaux, soit environ 28,6 % de la récolte nationale prévisionnelle. Des chiffres qui placent la région parmi les principaux bassins céréaliers du Royaume, dans un contexte marqué par le retour des pluies et une nette amélioration des conditions agricoles.
Selon les données communiquées par Mohamed Kharbouche, chef de la division de développement des filières agricoles à la Direction régionale de l’Agriculture, le programme d’emblavement a été entièrement réalisé sur une superficie globale de 852.555 hectares. Les cultures se répartissent entre 349.585 hectares de blé tendre, 241.350 hectares de blé dur et 261.620 hectares consacrés à l’orge.
La province de Settat domine largement les superficies emblavées avec 319.500 hectares, devant la zone relevant de l’Office régional de mise en valeur agricole du Doukkala, qui totalise 244.305 hectares. La province de Berrechid suit avec 104.000 hectares. Les superficies cultivées atteignent également 78.950 hectares à Benslimane, 73.700 hectares à El Jadida et près de 32.100 hectares dans la zone relevant de la Direction provinciale de l’Agriculture de Casablanca.
Cette dynamique se reflète directement dans les prévisions de récolte. Settat devrait assurer à elle seule près de 10,4 millions de quintaux de céréales, conservant ainsi sa place de locomotive agricole régionale. La province de Sidi Bennour devrait produire environ 4 millions de quintaux, portée notamment par l’étendue des surfaces cultivées et la disponibilité des périmètres irrigués.
El Jadida et Berrechid affichent également des perspectives solides, avec des récoltes estimées respectivement à 3,9 et 3,8 millions de quintaux. À Benslimane, la production attendue avoisine 2,6 millions de quintaux, tandis que la zone agricole de Casablanca devrait atteindre près de 1,1 million de quintaux.
Cette campagne agricole bénéficie d’un contexte climatique nettement plus favorable que lors de la saison précédente. Depuis le mois de novembre, le cumul pluviométrique régional a atteint environ 512 millimètres, soit une hausse de 104 % par rapport à l’an dernier. Le niveau des précipitations dépasse également de 59 % le cumul annuel habituel.
Sur le terrain, les agriculteurs constatent déjà les effets de cette amélioration hydrique. Dans la zone de Chouerf, relevant de la province d’El Jadida, plusieurs exploitants évoquent une hausse visible du rendement des cultures et espèrent que l’abondance de la récolte permettra une baisse des prix des fourrages et de la paille.
Les opérations de moisson démarrent également dans des conditions jugées favorables. Les professionnels du secteur assurent que les équipements nécessaires sont disponibles pour couvrir l’ensemble des superficies emblavées, alors que la récolte de l’orge et du blé tendre s’accélère progressivement dans plusieurs provinces de la région. Le coût de la moisson mécanisée varie actuellement entre 600 et 700 dirhams par hectare.
À Oulad Bouaziz, dans la province d’El Jadida, des agriculteurs soulignent aussi l’impact positif des précipitations sur la qualité des céréales. Une production abondante pourrait permettre d’alléger une partie des charges agricoles tout en renforçant l’approvisionnement en aliments pour le bétail, particulièrement après plusieurs campagnes marquées par le stress hydrique.
Les services techniques de la Direction régionale de l’Agriculture poursuivent, de leur côté, l’accompagnement des exploitants agricoles à travers le suivi des stades de maturité des cultures et les conseils liés aux opérations de récolte et de stockage. L’objectif affiché reste la préservation de la qualité des céréales et l’amélioration des rendements dans une région qui demeure stratégique pour la sécurité alimentaire du Maroc.


