Le Salon de l’automobile chinois s’est tenu du 24 avril au 3 mai à Pékin. Il a permis de remettre un coup de projecteur sur un secteur plus que jamais en plein boom en Chine, avec tout de même quelques difficultés, mais toujours les mêmes visées internationales de la part des constructeurs du pays. Dans les allées d’Auto China, l’industrie automobile chinoise a affiché ses avancées technologiques, tout en rappelant ses ambitions de conquête sur les marchés étrangers.
Une révolution électrique portée par des politiques publiques fortes
En Chine, la transition vers les nouvelles énergies s’est accélérée à grande vitesse. En 2025, près de la moitié des 34,5 millions de véhicules fabriqués dans le pays relevaient des nouvelles énergies (NEV), confirmant la bascule progressive vers l’électrique.
Cette évolution repose largement sur des mesures publiques ciblées. Dans les grandes villes, obtenir une plaque d’immatriculation pour un véhicule thermique est coûteux, alors que l’accès est gratuit pour une voiture électrique. À cela s’ajoutent des campagnes d’incitation et un soutien massif à l’achat, qui ont contribué à transformer les habitudes des automobilistes urbains.
Résultat : les véhicules électriques se sont imposés dans les centres urbains, réduisant progressivement la place des moteurs thermiques.
Pékin, vitrine d’un secteur en pleine transformation
Le Salon de l’automobile chinois, organisé à Pékin sur une surface record de 380 000 m², a réuni plus de 1 400 véhicules et 150 marques locales. L’événement, considéré comme le plus grand salon automobile mondial, a mis en lumière la montée en puissance des constructeurs chinois.
Des acteurs comme Nio, Leapmotor ou Harmony Intelligent Mobility ont attiré l’attention, tandis que les SUV et berlines de grande taille confirment une tendance forte du marché intérieur. Certains modèles dépassent les cinq mètres, répondant à une demande locale pour des véhicules spacieux et connectés.
BYD et les nouveaux géants de l’automobile chinoise
Parmi les constructeurs les plus en vue, BYD occupe une place centrale. Le groupe multiplie les innovations et les segments, des véhicules familiaux aux modèles sportifs ultra-performants.
Sa filiale Fang Cheng Bao a notamment présenté la Formula X, tandis que la Denza Z, un prototype de cabriolet électrique, affiche plus de 1 000 chevaux et des performances dignes des supercars internationales.
Cette montée en gamme illustre une transformation profonde : la Chine ne se contente plus de produire en masse, elle investit désormais le segment de la haute performance et de la technologie avancée.
Technologies embarquées et conduite autonome au cœur des enjeux
Au-delà de l’électrification, les constructeurs chinois misent sur les logiciels embarqués, l’intelligence artificielle et la connectivité. Les interfaces intelligentes, la rapidité de recharge et les systèmes numériques deviennent des arguments de vente majeurs.
La conduite autonome, encore en phase de développement, a également occupé une place importante lors du salon. Bien que limitée à quelques modèles, elle bénéficie désormais d’un cadre réglementaire favorable, ouvrant la voie à une adoption progressive.
Des constructeurs étrangers en adaptation stratégique
Face à cette montée en puissance, les marques étrangères présentes en Chine ajustent leurs stratégies. Volkswagen, Audi ou encore Peugeot développent des modèles électrifiés adaptés au marché local, souvent en partenariat avec des groupes chinois.
Volkswagen prévoit plus de vingt nouveaux modèles électrifiés en collaboration avec FAW. Audi a lancé une nouvelle marque dédiée au marché chinois, tandis que Peugeot s’appuie sur Dongfeng pour produire des véhicules destinés exclusivement à la Chine.
Une domination chinoise désormais bien installée
Pendant plusieurs décennies, les constructeurs étrangers dominaient le marché automobile chinois. Cette période est désormais révolue. Depuis environ 2015, les marques locales ont rattrapé leur retard, notamment grâce à l’électrification et à l’innovation technologique.
L’industrie chinoise a choisi une approche différente de celle de l’Occident, en misant davantage sur les technologies numériques, la connectivité et l’électrique que sur le moteur thermique traditionnel.
Un marché sous pression mais tourné vers l’international
Malgré son dynamisme, le secteur automobile chinois fait face à des tensions internes. Les ventes ont reculé d’environ 20% en 2025, dans un contexte de concurrence intense et de ralentissement économique.
Cette situation pousse les constructeurs à se tourner vers l’international. Plus de 7 millions de véhicules ont été exportés en 2025, avec une stratégie particulièrement orientée vers l’Europe et les pays du Sud global.
BYD, Geely ou encore Chery accélèrent leur implantation à l’étranger, en ouvrant des réseaux de distribution et en envisageant des sites de production hors de Chine.
Le Salon de Pékin a confirmé une réalité désormais installée : la Chine s’impose comme un acteur central de l’industrie automobile mondiale. Malgré certaines fragilités internes, le pays continue de miser sur l’innovation, l’électrification et l’expansion internationale pour consolider sa position dans les années à venir.


