Un geste instinctif, en pleine nuit, qui a évité un drame. Le 6 avril, aux alentours de 21 heures, une femme est tombée dans les eaux du lac Jinsha, dans le district de Qiantang à Hangzhou. En quelques secondes, la scène bascule : des cris d’alerte retentissent, les passants se retournent, et un jeune homme étranger se jette à l’eau sans hésiter. Quelques minutes plus tard, il ramène la victime saine et sauve sur la berge, avant de disparaître discrètement.
L’homme a depuis été identifié. Il s’agit de Ayoub Fadil, un étudiant marocain inscrit à l’Université de Hangzhou Dianzi. Son intervention rapide a permis d’éviter le pire dans une situation jugée critique par les témoins présents ce soir-là.
Selon plusieurs récits concordants, la victime se trouvait à quelques mètres du rivage lorsque l’incident s’est produit. Alerté par les appels à l’aide, Ayoub Fadil, qui se promenait à proximité avec sa compagne, n’a pris que quelques secondes pour réagir. Il a retiré ses chaussures et plongé dans une eau déjà profonde après quelques mètres. En nageant sur environ six mètres, il a réussi à atteindre la victime, à la maintenir hors de l’eau, puis à regagner la rive. L’ensemble de l’intervention n’a pas excédé trois minutes.
Une fois sur la terre ferme, les équipes de sécurité du parc sont rapidement intervenues pour prendre le relais. La victime, bien que choquée, n’a pas subi de blessures graves. Pendant près de vingt minutes, le jeune homme et sa compagne sont restés sur place pour s’assurer de son état, avant de repartir sans chercher à attirer l’attention.

Le lendemain, les autorités locales, en collaboration avec des médias régionaux, ont lancé un appel pour retrouver ce sauveteur resté anonyme. L’enquête, appuyée par les images de vidéosurveillance, a rapidement permis de confirmer son identité. Sur le campus, ses camarades n’ont pas tardé à le reconnaître. Plusieurs témoignages décrivent un étudiant discret mais engagé, déjà impliqué dans des actions bénévoles.
Interrogé après avoir été retrouvé, Ayoub Fadil a minimisé son acte, évoquant une réaction spontanée face à une situation d’urgence. Sa compagne a toutefois confié qu’il ne s’agissait pas d’un premier geste de ce type : à 17 ans déjà, au Maroc, il avait secouru une personne en mer.
Au-delà du fait divers, cette intervention met en lumière une réalité plus large : face à l’urgence, certains choisissent d’agir sans attendre. Et parfois, ce réflexe suffit à changer le cours des événements.

