Un rapport récent du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) révèle que la situation des droits humains en Corée du Nord s’est considérablement détériorée au cours de la dernière décennie. La population nord-coréenne subit un contrôle étroit, des restrictions accrues et des violences de plus en plus sévères, y compris des exécutions pour avoir consommé des contenus étrangers, tels que films et séries télévisées.
Une augmentation dramatique des exécutions
Le rapport de l’ONU, basé sur plus de 300 entretiens avec des personnes ayant fui le pays, indique que la peine de mort est de plus en plus utilisée pour réprimer les citoyens. Depuis 2015, au moins six nouvelles lois ont été adoptées, rendant passibles de la peine capitale des actes auparavant considérés comme mineurs, notamment la diffusion et le visionnage de médias étrangers.
Des témoins rapportent que les exécutions, parfois publiques, sont destinées à semer la peur et dissuader toute opposition. Kang Gyuri, une fugitive arrivée en 2023, raconte que trois de ses amis ont été exécutés pour avoir regardé des séries sud-coréennes. Elle évoque également le cas d’un ami de 23 ans jugé avec des trafiquants de drogue et condamné à mort, soulignant la criminalisation extrême de comportements auparavant anodins.
Une vie quotidienne marquée par la peur et la privation
Lorsque Kim Jong Un est arrivé au pouvoir en 2011, les Nord-Coréens nourrissaient l’espoir d’une amélioration de leurs conditions de vie. Le dirigeant promettait de garantir suffisamment de nourriture et de développer l’économie tout en consolidant le programme nucléaire du pays. Mais après 2019, la rupture de la diplomatie avec l’Occident et les États-Unis a aggravé la situation.
Le rapport souligne que presque tous les interrogés souffrent de la faim, certains qualifiant trois repas par jour de « luxe ». La pandémie de Covid a accentué la pénurie alimentaire, et la répression des marchés informels a privé de nombreux habitants de leurs moyens de subsistance. Les tentatives de fuite vers la Chine sont devenues quasi impossibles, avec des soldats autorisés à tirer sur les fugitifs.
Contrôle omniprésent et surveillance accrue
La Corée du Nord exerce un contrôle quasi total sur la vie des citoyens, qu’il s’agisse des décisions économiques, sociales ou politiques. L’usage de technologies de surveillance a rendu ce contrôle plus pervasif, contribuant à « aveugler et assourdir la population », selon les témoins. Toute forme de critique ou de mécontentement est sévèrement punie, renforçant un climat de peur constante.
Travail forcé et exploitation des plus vulnérables
Le HCDH constate également un recours accru au travail forcé. Les familles pauvres, orphelins et enfants des rues sont recrutés pour des tâches dangereuses, telles que la construction ou l’exploitation minière. Ces travaux, présentés comme un « sacrifice pour le pays », entraînent fréquemment des décès. La sécurité des travailleurs reste insuffisante, et l’État glorifie la souffrance et la mort comme preuve de loyauté envers Kim Jong Un.
Camps de prisonniers et violations persistantes
Les camps de prisonniers politiques restent actifs, et les détenus subissent tortures, mauvais traitements et malnutrition. Les prisonniers ordinaires continuent de souffrir de violences et de conditions inhumaines. Malgré quelques améliorations limitées dans certains établissements, le rapport souligne que la répression et la surveillance restent omniprésentes. L’ONU exhorte la communauté internationale à porter ces violations devant la Cour pénale internationale, bien que la Chine et la Russie bloquent depuis 2019 toute tentative de sanction.
Appel à l’action et espoir de changement
Le HCDH appelle le gouvernement nord-coréen à abolir la peine de mort, fermer les camps de prisonniers politiques et former la population aux droits humains. Le Haut-Commissaire Volker Türk insiste sur le désir clair et fort de changement parmi les jeunes Nord-Coréens, et souligne que des mesures concrètes pourraient offrir un avenir plus libre et plus sûr au peuple.

