La FIFA a ouvert une enquête après un geste effectué par un arbitre chargé de l’assistance vidéo lors du match entre l’Allemagne et Curaçao (7-1), disputé dans le cadre de la Coupe du monde 2026. L’incident concerne l’Australien Shaun Evans, dont un signe de la main aperçu à l’écran avant le coup d’envoi a suscité des interrogations et alimenté une vive polémique sur les réseaux sociaux.
Comme lors des autres rencontres du tournoi, les officiels du match ont été présentés au public quelques minutes avant le début de la rencontre. C’est à ce moment que Shaun Evans, désigné à la VAR, a effectué un geste ressemblant au signe « OK » réalisé avec les doigts. Certains observateurs ont estimé que ce symbole pouvait être associé à des mouvements suprémacistes blancs, une interprétation qui a rapidement provoqué de nombreuses réactions.
Face à l’ampleur de la controverse, la FIFA a confirmé avoir été informée de l’incident et a lancé des vérifications afin d’établir le contexte exact dans lequel ce geste a été réalisé. À ce stade, aucune conclusion n’a été rendue publique et aucune mesure disciplinaire n’a été annoncée à l’encontre de l’arbitre australien.
L’interprétation de ce signe demeure particulièrement sensible. Pendant des décennies, le geste « OK » a été utilisé dans de nombreux pays pour signifier qu’une situation se déroule normalement ou qu’une personne approuve ce qui est dit. Toutefois, depuis plusieurs années, il fait l’objet de controverses en raison de son appropriation par certains groupes d’extrême droite.
L’origine de cette polémique remonte à une campagne lancée sur des forums en ligne en 2017. Présentée initialement comme une opération destinée à tromper les médias et l’opinion publique, cette initiative a progressivement dépassé le cadre de la plaisanterie. Des organisations spécialisées dans la lutte contre l’extrémisme ont ensuite observé que le symbole était repris dans certains milieux nationalistes et suprémacistes, contribuant à modifier sa perception dans l’espace public.
L’Anti-Defamation League (ADL), organisation américaine de référence dans la surveillance des discours haineux, considère aujourd’hui que le signe peut être utilisé comme symbole de haine dans certains contextes précis. Elle souligne néanmoins que la majorité de ses usages restent sans connotation politique ou idéologique.
D’autres explications ont également été avancées à propos du geste réalisé par Shaun Evans. Dans plusieurs pays anglophones, un jeu populaire consiste à former un cercle avec les doigts sous la taille afin d’inciter quelqu’un à regarder la main. La personne qui tombe dans le piège reçoit alors une légère tape. Cette pratique, largement répandue depuis des années, pourrait également expliquer le mouvement observé à l’écran.
L’enquête de la FIFA devra désormais déterminer si le geste relevait d’un simple jeu, d’une habitude sans arrière-pensée ou d’une autre intention. En attendant les conclusions de l’instance mondiale du football, aucune preuve ne permet d’établir un lien entre l’arbitre australien et une quelconque idéologie extrémiste.
Cette affaire rappelle néanmoins à quel point certains symboles peuvent aujourd’hui faire l’objet d’interprétations multiples, particulièrement lorsqu’ils apparaissent lors d’événements sportifs suivis par des millions de spectateurs à travers le monde.


