L’économie marocaine devrait accélérer son rythme en 2026 avec une croissance attendue de 5,3%, selon les prévisions présentées mercredi à Rabat par la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah. Cette dynamique serait soutenue par les mesures engagées par le gouvernement ainsi que par un redressement des performances du secteur agricole, dans un contexte où l’exécutif prépare le projet de Loi de finances (PLF) 2027 et la programmation budgétaire triennale (PBT) 2027-2029.
Intervenant devant une réunion conjointe des Commissions des finances du Parlement consacrée à la présentation de l’exécution de la Loi de finances 2026, du cadre général du PLF 2027 et de la programmation budgétaire 2027-2029, la ministre a dressé un état des lieux de la conjoncture économique nationale tout en exposant les perspectives retenues pour les prochaines années.
Le gouvernement anticipe ainsi une croissance de 5,3% en 2026, portée par la poursuite des réformes économiques, les investissements publics et privés ainsi que par une amélioration attendue de la campagne agricole. Cette progression s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer la résilience de l’économie marocaine tout en consolidant les grands chantiers engagés par le Royaume.
Pour les exercices suivants, les projections restent orientées à la hausse, avec une croissance estimée à 4,1% en 2027, puis à 4,2% en 2028 et en 2029. Selon Nadia Fettah, cette trajectoire permettra d’accompagner la poursuite de la mise en œuvre des réformes structurelles et le renforcement de l’État social.
Ces prévisions reposent sur plusieurs hypothèses macroéconomiques. Le gouvernement table notamment sur une récolte céréalière de 70 millions de quintaux, un prix moyen du pétrole stabilisé autour de 70 dollars le baril durant les trois prochaines années, un cours du gaz butane de 500 dollars la tonne ainsi qu’un taux d’inflation proche de 2%.
La ministre a toutefois rappelé que l’élaboration du projet de Loi de finances 2027 intervient dans un environnement international particulièrement incertain. Les tensions géopolitiques persistantes, notamment la guerre au Moyen-Orient, continuent d’alimenter les incertitudes sur les marchés de l’énergie et de perturber les chaînes mondiales d’approvisionnement, autant de facteurs susceptibles d’influencer l’évolution de l’économie mondiale.
Sur le plan des finances publiques, les résultats enregistrés à fin juin 2026 témoignent d’une progression des recettes ordinaires de l’État. Celles-ci ont augmenté de 15,4%, grâce à une hausse simultanée des recettes fiscales et non fiscales, confortant les marges de manœuvre budgétaires de l’exécutif.
L’évolution des prix constitue également un indicateur favorable. Au cours du premier semestre 2026, l’inflation moyenne est revenue à 0,4%, tandis que l’inflation sous-jacente s’est établie à -0,1%. Cette évolution s’explique notamment par la baisse des prix des produits alimentaires et par les mesures déployées pour préserver le pouvoir d’achat des ménages.
Le marché du travail affiche lui aussi des signes d’amélioration. Après une création nette de 193.000 emplois en 2025, le taux de chômage est revenu à 13%. Au premier semestre 2026, le taux de chômage au sens strict est resté stable à 10,8%, traduisant une amélioration progressive de la situation de l’emploi malgré un contexte économique international encore marqué par de fortes incertitudes.
Les échanges extérieurs poursuivent également leur progression. À fin mai 2026, les exportations marocaines ont atteint 211,4 milliards de dirhams, en hausse de 5,8%, grâce notamment aux performances des industries automobile et aéronautique, qui demeurent parmi les principaux moteurs des ventes du Royaume à l’international.
Dans le même temps, les importations ont progressé plus rapidement, enregistrant une hausse de 11,8% pour s’établir à 370,5 milliards de dirhams. Cette évolution a entraîné un élargissement du déficit commercial de 20,8%. Malgré cette pression, les transferts des Marocains résidant à l’étranger, qui se sont élevés à 46,2 milliards de dirhams, ainsi que les recettes touristiques de 46,9 milliards de dirhams, continuent de jouer un rôle déterminant dans le financement des équilibres extérieurs du pays.
Le gouvernement entend poursuivre les réformes économiques tout en préservant les grands équilibres macroéconomiques. Les orientations retenues pour le projet de Loi de finances 2027 visent à soutenir la croissance, renforcer les investissements et assurer la poursuite du financement des priorités sociales, dans un contexte international qui demeure marqué par de fortes incertitudes.


