Le décès d’Abderrahim Fakir en Italie continue de susciter de nombreuses interrogations. Le parquet de Bologne intensifie ses investigations afin d’établir les circonstances exactes de la mort de ce ressortissant marocain, survenue lors d’une intervention policière. Les enquêteurs concentrent désormais leurs recherches sur une possible absence de prise en charge médicale après l’interpellation, tandis que l’autopsie de la victime est prévue pour vendredi, un examen qui pourrait apporter des éléments déterminants.
Selon le quotidien italien Il Resto del Carlino, l’enquête vise à reconstituer avec précision le déroulement des faits et à déterminer le rôle des six personnes présentes sur les lieux, à savoir deux policiers et quatre secouristes. Les magistrats cherchent notamment à comprendre pourquoi les services d’urgence (118) ont dépêché une équipe de volontaires dépourvue de médecin ou d’infirmier, alors que les forces de l’ordre avaient signalé qu’il s’agissait d’une personne en pleine crise psychologique.
Les investigations portent également sur l’hypothèse selon laquelle les secours n’auraient pas prodigué immédiatement les soins nécessaires après que les policiers ont relâché leur emprise sur la victime. Cette piste est alimentée par plusieurs vidéos et témoignages laissant penser qu’Abderrahim Fakir était encore en vie à ce moment-là.
Pour faire toute la lumière sur cette affaire, les autorités ont saisi les images des caméras de vidéosurveillance, les vidéos filmées par des témoins ainsi que les enregistrements de la caméra-piéton portée par l’un des policiers. Ces éléments devraient permettre de reconstituer avec précision la chronologie des événements.
De son côté, l’avocat de la famille a confirmé les préparatifs de l’autopsie, tandis que la défense des policiers affirme que l’interpellation s’est déroulée dans le respect des protocoles en vigueur, niant notamment l’utilisation des genoux pour immobiliser la victime. Les enquêteurs examinent également les conditions d’utilisation du spray au poivre et son éventuel impact.
Sur le plan officiel, le ministère marocain des Affaires étrangères a indiqué suivre de près l’évolution du dossier et a appelé les autorités italiennes à mener une enquête approfondie afin d’établir les responsabilités. Parallèlement, le Club des avocats du Maroc a déposé une plainte auprès du parquet de Bologne pour faire toute la lumière sur ce drame survenu dans le quartier de Pilastro.


