Près de sept petites et moyennes entreprises marocaines sur dix ont déjà engagé des actions concrètes visant à réduire leur empreinte carbone. Ce constat ressort d’une enquête conduite par la Banque européenne d’investissement dans le cadre d’un programme cofinancé par l’Union européenne. Il illustre l’évolution progressive du tissu entrepreneurial national vers des modes de production plus sobres, sous l’effet combiné des exigences réglementaires internationales et des mutations profondes des marchés.
Dans la pratique, cette dynamique dépasse le stade des intentions. Près de la moitié des dirigeants interrogés indiquent avoir déjà lancé des initiatives mesurables, tandis qu’un peu plus d’un cinquième s’appuie sur une stratégie clairement définie et mise en œuvre de manière active. À l’opposé, les entreprises qui refusent toute démarche de décarbonation demeurent marginales. Une proportion significative de PME encore en phase d’observation affirme par ailleurs son intention de s’engager prochainement, confirmant que la transition environnementale s’impose désormais comme un véritable sujet de pilotage et de gestion.
Cette accélération s’inscrit dans un contexte bien précis. À partir de 2026, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne entrera pleinement en application. Pour les entreprises marocaines intégrées aux chaînes de valeur de secteurs sensibles tels que la sidérurgie, le ciment, l’aluminium, les engrais, l’électricité ou l’hydrogène, l’absence de traçabilité carbone ou d’efforts tangibles de réduction des émissions pourrait entraîner une perte directe de compétitivité sur le marché européen. La décarbonation dépasse ainsi le cadre de la responsabilité environnementale pour devenir une condition d’accès aux débouchés extérieurs.
Face à cet enjeu, plusieurs dispositifs d’accompagnement ont été mis en place. Des programmes dédiés proposent aux PME des actions de sensibilisation aux normes environnementales internationales ainsi qu’un appui méthodologique pour intégrer la contrainte carbone dans leurs modèles économiques. L’ambition est de permettre aux entreprises de transformer cette exigence réglementaire en atout stratégique, en particulier pour celles tournées vers l’export.
La transition écologique s’articule également avec un autre mouvement structurant, celui de la digitalisation. Près de huit PME sur dix déclarent avoir renforcé leur recours aux outils numériques, qu’il s’agisse de gestion interne, de marketing ou de développement à l’international. Pour une part importante d’entre elles, le numérique n’est plus un simple support mais un levier d’optimisation opérationnelle. Cette évolution favorise l’essor de solutions d’intelligence artificielle au Maroc, notamment pour le suivi des consommations énergétiques, l’analyse des données de production ou la mesure des émissions. L’intelligence artificielle au Maroc s’affirme progressivement comme un outil transversal, au croisement de la performance économique et de la transition écologique.
L’enquête met néanmoins en évidence des attentes persistantes. Si une majorité de dirigeants considère que les dispositifs d’accompagnement existants sont globalement satisfaisants, plus d’un sur deux estime qu’ils mériteraient d’être renforcés. Les besoins exprimés portent moins sur les aides financières directes que sur le développement des compétences, l’innovation technologique et l’accès aux marchés internationaux. Dans cette perspective, l’intelligence artificielle au Maroc est perçue par de nombreuses PME comme un levier d’efficacité, à condition de s’appuyer sur des programmes de formation adaptés et des partenariats durables.
Les enseignements de cette étude convergent vers un constat clair. La transformation des PME marocaines ne peut se limiter à un effort ponctuel. Elle suppose un accompagnement inscrit dans la durée, combinant financement, montée en compétence, digitalisation avancée et intégration progressive de solutions d’intelligence artificielle au Maroc. À ce prix, les entreprises pourront non seulement répondre aux exigences environnementales internationales, mais aussi consolider durablement leur position dans une économie mondiale de plus en plus sélective.

