Le dramaturge, metteur en scène et cinéaste marocain Nabil Lahlou est décédé jeudi 7 mai 2026 à Rabat à l’âge de 81 ans, des suites d’une longue maladie, selon des informations relayées par ses proches. Figure incontournable de la scène culturelle marocaine, il laisse derrière lui une œuvre marquée par l’expérimentation artistique, l’engagement intellectuel et une vision singulière du théâtre et du cinéma marocains.
Considéré comme l’un des pionniers du théâtre moderne au Maroc, Nabil Lahlou s’est distingué par un parcours artistique construit en marge des formes classiques de divertissement. Tout au long de sa carrière, il a défendu un théâtre de réflexion, porté par des questionnements politiques, sociaux et philosophiques, en rupture avec ce qu’il qualifiait de « théâtre de consommation ».
Né à Fès en 1945, l’artiste avait poursuivi une formation théâtrale en France avant de revenir au Maroc où il développera une œuvre mêlant écriture, mise en scène et cinéma. Plusieurs de ses créations ont marqué le paysage culturel marocain, notamment Ophélie n’est pas morte, Les Tortues, ainsi que des films comme Al Kanfoudi, La Nuit du crime ou encore Tabite or Not Tabite.
Son travail s’est également caractérisé par une forte dimension critique et expérimentale. Nabil Lahlou accordait une place centrale à la liberté artistique et à la réflexion sur la société marocaine contemporaine, ce qui lui a valu une reconnaissance particulière dans les milieux culturels et intellectuels.
À l’annonce de son décès, plusieurs personnalités du monde culturel marocain ont salué la mémoire d’un artiste considéré comme l’une des grandes figures du théâtre national. Son parcours aura profondément marqué plusieurs générations de comédiens, de dramaturges et de cinéastes au Maroc.

