La hausse des défaillances d’entreprises à l’échelle mondiale se poursuit et devrait encore s’intensifier en 2026, sous l’effet combiné des tensions géopolitiques et d’un environnement économique sous pression. Pour le Maroc, cette dynamique reste contenue mais appelle à la vigilance, dans un contexte international instable où les chaînes d’approvisionnement, les coûts énergétiques et la demande globale restent fragilisés.
Selon le dernier rapport d’Allianz Trade publié en avril 2026, les faillites d’entreprises dans le monde devraient progresser de 6 % cette année, marquant une cinquième année consécutive de hausse. Cette tendance s’explique en grande partie par les répercussions du conflit au Moyen-Orient, qui pèsent sur les coûts de l’énergie, le transport maritime et les conditions financières.
Dans ce paysage global tendu, le Maroc se distingue par une évolution plus modérée. Le Royaume figure parmi les pays où les défaillances d’entreprises ont été moins nombreuses qu’anticipé en 2025, contribuant même à atténuer la hausse globale observée à l’international. Cette relative résilience s’explique par plusieurs facteurs, dont une reprise économique progressive, une diversification sectorielle et des mécanismes d’ajustement qui ont permis à certaines entreprises de mieux absorber les chocs.
Cette relative stabilité ne doit toutefois pas occulter les risques. Le contexte mondial reste marqué par une inflation persistante, un accès au financement plus contraint et une pression accrue sur les marges, notamment dans les secteurs dépendants de l’énergie et des importations. Les activités liées à la construction, au commerce et aux services, fortement exposées au cycle économique, demeurent particulièrement vulnérables, comme le souligne le rapport.
À l’échelle internationale, près de 2,2 millions d’emplois pourraient être directement menacés par les défaillances d’entreprises en 2026. Même si l’Afrique reste, pour l’instant, relativement moins touchée que d’autres régions, les effets indirects des turbulences mondiales pourraient progressivement se faire sentir, notamment via les échanges commerciaux et les investissements étrangers.
Le Maroc, fortement intégré aux chaînes de valeur européennes et dépendant de certaines importations stratégiques, pourrait ainsi subir des répercussions indirectes. La hausse des coûts logistiques, les tensions sur les matières premières ou encore le ralentissement de la demande dans les principaux marchés partenaires constituent autant de facteurs à surveiller de près.
Le rapport met également en avant un phénomène structurel : l’augmentation du nombre d’entreprises depuis la période post-Covid accroît mécaniquement le risque de défaillances. Cette dynamique, observée dans de nombreux pays, concerne aussi le Maroc, où la création d’entreprises a connu un regain notable ces dernières années. Si elle témoigne d’un certain dynamisme économique, elle implique également une exposition plus élevée aux cycles économiques, en particulier pour les jeunes structures, souvent plus fragiles.
À court terme, les perspectives restent donc contrastées. D’un côté, le Maroc bénéficie d’une trajectoire relativement stable comparée à d’autres économies. De l’autre, les incertitudes internationales, qu’elles soient géopolitiques, financières ou énergétiques, continuent de peser sur la visibilité des entreprises.
Dans ce contexte, la capacité d’anticipation et d’adaptation des acteurs économiques apparaît déterminante. Le suivi des partenaires commerciaux, la gestion des risques clients et fournisseurs, ainsi que l’accès au financement devraient constituer des leviers clés pour limiter les effets d’un environnement qui reste, malgré tout, sous tension.


