Dès 2027, les élèves malaisiens verront deux enseignants partager le même espace de classe, non pas selon une hiérarchie traditionnelle, mais comme partenaires égaux dans l’enseignement. Cette initiative, annoncée par le ministère de l’Éducation, s’inscrit dans un vaste programme de réforme visant à concilier excellence académique, développement moral et apprentissage interactif.
Le modèle de co-enseignement introduit sous le programme scolaire 2027 permettra à deux enseignants qualifiés de planifier, enseigner et évaluer conjointement les mêmes élèves. Selon Fadhlina Sidek, ministre de l’Éducation, cette approche dépasse le simple rôle d’assistant : « Il ne s’agit pas d’un enseignant aidé par un assistant, mais de deux éducateurs travaillant main dans la main pour rendre les cours plus attractifs et efficaces ». L’objectif est double : réduire les écarts d’apprentissage et lutter contre le décrochage scolaire en garantissant à chaque élève une attention personnalisée.
Le co-enseignement implique un partage réel des responsabilités, où chaque enseignant apporte son expertise et ses méthodes. Le système permet également une approche d’apprentissage intégré, combinant par exemple l’anglais, les sciences et la musique dans des sessions plus dynamiques. Cette méthode favorise la participation active des élèves et limite l’écoute passive, un enjeu majeur pour l’engagement scolaire dans un contexte numérique où les distractions sont nombreuses.
Un aspect central de cette réforme est le renforcement du développement du caractère. Contrairement au système précédent, où l’éducation morale se cantonnait aux cours de Pendidikan Islam ou Pendidikan Moral, le nouveau programme exige que tous les enseignants, y compris ceux des matières scientifiques ou linguistiques, intègrent des valeurs éthiques dans leurs leçons. Le ministère prévoit ainsi un Programme de développement du caractère d’une heure par semaine, visant à encourager le civisme, l’empathie et un comportement positif chez les élèves.
La présence de deux enseignants constitue également une réponse concrète au problème des classes surchargées, récurrent dans de nombreuses écoles malaisiennes. Avec ce dispositif, les élèves peuvent être répartis en sous-groupes pour des interactions plus ciblées, permettant aux enseignants d’identifier plus rapidement ceux nécessitant un soutien supplémentaire. Dans certaines écoles, deux classes peuvent être fusionnées pour maximiser l’effet des compétences combinées des enseignants.
Pour préparer cette transition, le ministère a lancé dès la session scolaire 2025/2026 des programmes de formation professionnelle. Ces sessions forment les enseignants aux techniques de co-planification, de co-instruction et d’évaluation partagée. Selon Fadhlina Sidek, ces formations s’inspirent de modèles internationaux ayant déjà démontré l’efficacité du co-enseignement sur l’engagement des élèves et la satisfaction professionnelle des enseignants.
Cette réforme s’inscrit dans la volonté de moderniser le système éducatif national et de former des élèves capables sur le plan académique tout en étant moralement responsables. Elle reflète la nécessité d’adapter l’enseignement à un environnement numérique et distrayant, tout en offrant une expérience scolaire plus stimulante et inclusive. L’objectif final est clair : préparer une génération malaisienne prête à affronter le futur avec compétences, valeurs et intégrité.

