Le dirham marocain a enregistré une appréciation notable face au dollar américain en juin 2025, avec une progression mensuelle de 2,37 %, selon les données de BMCE Capital Global Research (BKGR). Cette évolution confirme la tendance baissière du billet vert sur le marché des changes national, dans un contexte mondial marqué par une amélioration du climat économique et un retour de l’appétit pour le risque chez les investisseurs.
Cette hausse du dirham s’explique par deux facteurs principaux. D’une part, l’effet marché, qui reflète les mouvements des devises sur la scène internationale, a contribué à hauteur de -0,34 %. D’autre part, l’effet panier — lié à la pondération des monnaies dans le panier de référence du dirham — a pesé davantage, à hauteur de -1,59 %, sous l’influence d’un euro en nette reprise. En effet, la monnaie unique européenne, principale composante du panier, a profité d’un regain de confiance lié à la stabilisation économique en zone euro et à une certaine détente dans les relations commerciales entre Washington et Pékin.
BKGR indique que cette configuration pourrait se prolonger à moyen terme. Si la parité euro-dollar atteint 1,16 dans les trois mois à venir, le dirham s’échangerait alors autour de 10,61 pour un euro et de 10,15 pour un dollar. À six mois, en cas de poursuite de la tendance haussière de l’euro vers 1,17 et de pressions accrues sur la liquidité mondiale, les projections tablent sur un taux de change de 10,75 dirhams pour un euro et de 9,20 dirhams pour un dollar. Ces anticipations s’inscrivent dans une dynamique où le dirham continue de tirer profit des déséquilibres monétaires internationaux et d’une révision favorable de son panier de référence.
Avec une telle évolution, la monnaie nationale renforce son positionnement sur le marché des changes, ce qui pourrait influer sur les coûts d’importation, la compétitivité des exportations et la politique monétaire à court terme. Les prochains mois seront décisifs pour confirmer la solidité de cette tendance, qui reste étroitement liée aux fluctuations du marché mondial et aux politiques monétaires des grandes puissances.


