La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle flambée d’Ebola. Depuis le déclenchement des opérations de surveillance et de dépistage, les autorités sanitaires ont confirmé 381 cas et enregistré 63 décès, selon les derniers chiffres communiqués jeudi par le ministre de la Santé, Samuel-Roger Kamba.
L’épidémie, provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, touche principalement la province de l’Ituri, qui concentre près de 95 % des infections recensées à travers le pays. Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu enregistrent, elles, des niveaux de contamination beaucoup plus faibles.
À Kinshasa, le ministre de la Santé a assuré que le taux de létalité reste inférieur à 17 %, un niveau nettement plus bas que lors des précédentes flambées liées à la souche Zaïre, dont certaines avaient atteint jusqu’à 80 % de mortalité. Pour les autorités congolaises, cette baisse s’explique par une amélioration des capacités de détection, une prise en charge médicale plus rapide et un renforcement progressif du dispositif sanitaire déployé depuis le début de la crise.
Environ 233 patients sont actuellement hospitalisés dans différentes structures sanitaires du pays. Certains sont isolés dans l’attente des résultats des tests, tandis que d’autres reçoivent déjà des soins après avoir développé la maladie. Les autorités assurent que les capacités de dépistage ont considérablement progressé ces dernières semaines. Plus de 4.000 kits de tests fournis par Africa CDC, ainsi qu’un appui international, permettent désormais de traiter quasiment tous les prélèvements reçus avec des résultats communiqués en moins de 24 heures.
Le suivi des cas contacts reste toutefois l’un des principaux défis de cette riposte sanitaire. Selon le ministère de la Santé, le taux de traçage est passé de 9 % au début de l’épidémie à environ 55 % actuellement. Les autorités espèrent atteindre rapidement le seuil de 90 %, considéré comme indispensable pour identifier les chaînes de transmission et anticiper l’apparition de nouveaux foyers.
La flambée d’Ebola a été officiellement déclarée le 15 mai en République démocratique du Congo et en Ouganda. Face à l’évolution de la situation, l’Organisation mondiale de la Santé a classé cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale.
L’OMS estime néanmoins que la réponse sanitaire commence progressivement à combler son retard. L’organisation internationale continue toutefois d’alerter sur plusieurs fragilités persistantes, notamment les difficultés liées au dépistage dans certaines zones, le suivi incomplet des personnes exposées et la méfiance d’une partie des populations envers les équipes médicales.
En Ouganda voisin, 16 cas confirmés ont déjà été signalés, dont un nouveau enregistré jeudi, selon les autorités sanitaires locales. Cette circulation transfrontalière du virus renforce les inquiétudes des services de santé régionaux, alors que les mouvements de population entre les deux pays restent particulièrement importants.


