L’économie marocaine affiche des signaux de résilience au début de l’année 2026. Dans sa Note de conjoncture n°351 publiée en mai, la Direction des Études et des Prévisions Financières (DEPF) met en avant une amélioration de la campagne agricole, une dynamique soutenue du tourisme, une progression des exportations industrielles et une consommation des ménages confortée par une inflation maîtrisée.
Cette évolution intervient dans un environnement international marqué par des tensions géopolitiques, une flambée des prix de l’énergie et un ralentissement de la croissance mondiale. Malgré ces incertitudes, plusieurs indicateurs témoignent d’une capacité de résistance de l’économie nationale.
Une campagne agricole qui change la donne
Le principal moteur de cette amélioration reste le secteur agricole. La production céréalière de la campagne 2025-2026 est estimée à 90 millions de quintaux, soit plus du double du niveau enregistré lors de la campagne précédente, qui s’était limitée à 43,1 millions de quintaux. Cette performance s’accompagne d’une amélioration des autres cultures ainsi que de l’activité d’élevage.
Cette reprise du secteur primaire devrait contribuer à renforcer les revenus en milieu rural et soutenir davantage la demande intérieure.
Consommation des ménages : un climat plus favorable
La consommation des ménages bénéficie de plusieurs facteurs favorables. L’inflation demeure contenue, atteignant 1,7 % en avril 2026 contre 0,7 % un an auparavant. Les transferts des Marocains résidant à l’étranger progressent de 11,7 %, tandis que les crédits à la consommation augmentent de 3,9 %.
Selon la DEPF, les mesures publiques de soutien au pouvoir d’achat ainsi que l’amélioration des revenus, notamment dans les zones rurales, devraient renforcer cette dynamique au cours des prochains mois.
L’investissement porté par les grands chantiers
L’investissement poursuit également sa progression. Les dépenses d’équipement du Budget général de l’État affichent une hausse de 24,9 % à fin avril, tandis que les importations de biens d’équipement progressent de 24,7 %. Les crédits à l’équipement enregistrent quant à eux une croissance de 25,3 %.
Cette tendance reflète la poursuite des grands projets structurants et l’accélération des investissements productifs dans plusieurs secteurs.
Tourisme, transport et industrie maintiennent leur élan
Le secteur tertiaire confirme son rôle de locomotive de l’économie marocaine. À fin mars, les arrivées touristiques augmentent de 7 %, les nuitées de 10 % et les recettes voyages de 23,5 %. Le transport aérien progresse de 11,1 % et le trafic portuaire de 4,3 %.
L’industrie manufacturière conserve également une orientation positive, avec une amélioration des exportations dans plusieurs branches industrielles. Dans le bâtiment et les travaux publics, le recul des ventes de ciment s’atténue fortement, laissant entrevoir une stabilisation progressive du secteur.
Des exportations soutenues par l’automobile et l’aéronautique
Les échanges extérieurs restent dynamiques. Les exportations progressent de 3,3 % à fin mars, grâce notamment aux performances des secteurs automobile (+12,1 %), aéronautique (+12,6 %) et des autres industries extractives (+55,9 %).
Les importations augmentent toutefois plus rapidement (+11,1 %), tirées par les achats de biens d’équipement, de produits de consommation et de matières premières. Cette évolution entraîne une hausse de 23,9 % du déficit commercial et un recul du taux de couverture à 58 %.
Finances publiques et crédit bancaire en progression
À fin avril 2026, le déficit budgétaire atteint 19,1 milliards de dirhams contre 17,5 milliards un an auparavant. Cette évolution s’explique par une augmentation des dépenses publiques légèrement supérieure à celle des recettes ordinaires.
Parallèlement, le financement de l’économie s’améliore. Les crédits au secteur non financier progressent de 6,3 % à fin mars, soutenus à la fois par les prêts accordés aux entreprises et aux ménages.
Un contexte international toujours incertain
La DEPF souligne toutefois que l’environnement mondial demeure fragile. Le FMI prévoit une croissance mondiale de 3,1 % en 2026, contre 3,4 % observés en 2024-2025. Les tensions géopolitiques et la hausse des prix de l’énergie continuent d’alimenter les risques sur l’inflation et l’activité économique mondiale.
Le baril de Brent s’établissait à 107 dollars le 22 mai, illustrant la persistance des tensions sur les marchés énergétiques internationaux.
Une économie marocaine mieux orientée en 2026
Les indicateurs publiés par la DEPF dessinent le portrait d’une économie marocaine en amélioration, portée par le redressement agricole, la vigueur du tourisme, la progression de l’investissement et le dynamisme de plusieurs filières exportatrices. Si les incertitudes internationales demeurent importantes, les fondamentaux internes apparaissent plus solides qu’au cours des campagnes précédentes, offrant des perspectives plus favorables pour l’année 2026.


