Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a présidé mardi à Rabat une réunion du Comité de pilotage consacré à la réforme du système national de santé. Cette rencontre s’inscrit dans le suivi rapproché des chantiers structurants engagés pour transformer en profondeur l’offre de soins au Maroc, conformément aux Hautes Orientations Royales appelant à un système de santé plus performant, équitable et accessible à l’ensemble des citoyens.
Au cœur des échanges, la mise en œuvre des groupements sanitaires territoriaux a occupé une place centrale. Ces nouvelles structures, considérées comme l’un des piliers de la régionalisation du secteur de la santé, doivent permettre une meilleure coordination entre les établissements hospitaliers et les soins de proximité. Aziz Akhannouch a insisté sur la nécessité d’accélérer leur déploiement, rappelant la dynamique impulsée après la nomination des directeurs généraux à la tête de ces groupements. L’objectif affiché est clair : rapprocher l’administration sanitaire du terrain et améliorer la continuité des soins.
Le gouvernement a également fait le point sur les avancées du programme de réhabilitation des établissements de santé primaires. Selon les données présentées, près de 1.400 centres de santé ont déjà été réhabilités, tandis qu’une deuxième phase est en cours avec la programmation de 1.600 nouveaux centres. Cette dynamique s’inscrit dans une enveloppe globale d’environ 6 milliards de dirhams et vise à renforcer les services de proximité, notamment dans les zones rurales et enclavées, où l’accès aux soins demeure un enjeu majeur.
Dans le même registre, l’exécutif poursuit la modernisation des infrastructures hospitalières à travers plusieurs projets d’envergure. Quinze nouveaux établissements hospitaliers devraient être achevés en 2026, permettant l’ajout d’environ 3.000 lits au niveau national. Cette expansion de l’offre hospitalière vise à réduire les disparités territoriales et à améliorer la capacité d’accueil des structures publiques.
Les Centres Hospitaliers Universitaires constituent également un axe stratégique de la réforme. Six CHU sont en cours de réalisation pour un investissement dépassant 20,6 milliards de dirhams, avec une capacité globale estimée à près de 3.807 lits. Parmi eux, le CHU Mohammed VI d’Agadir est présenté comme une référence en matière d’hôpital de nouvelle génération, intégrant des équipements de pointe et des standards internationaux de prise en charge.
La transformation numérique du système de santé marocain avance parallèlement à ces chantiers structurels. Le taux de complétude de la carte sanitaire atteint désormais environ 95 %, illustrant les progrès réalisés dans la centralisation et l’exploitation des données sanitaires. Une plateforme numérique intégrée, regroupant les secteurs public et privé, est désormais finalisée et devrait être déployée prochainement afin de renforcer la gouvernance et la planification sanitaire.
Le chantier du dossier médical partagé et de la feuille de soins électronique progresse également, avec des développements techniques achevés et un déploiement progressif prévu à partir de 2026. Ces outils devraient faciliter la continuité des soins, améliorer la coordination entre professionnels de santé et réduire les délais de prise en charge.
Par ailleurs, le dispositif d’assistance médicale urgente (SAMU) poursuit son extension à partir du modèle développé dans la région Rabat-Salé-Kénitra, considéré comme une expérience pilote. Son extension progressive aux autres régions vise à améliorer la rapidité d’intervention en cas d’urgence et à renforcer l’efficacité du système de secours médical.
La réunion a également mis en lumière les avancées de la plateforme “Chikaya Santé”, renforcée par un système national de gestion des réclamations et un centre d’écoute dédié aux usagers. Dans la même dynamique, l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé accélère sa digitalisation avec la mise en place progressive d’un guichet numérique unifié, destiné à simplifier les procédures et renforcer la transparence dans le secteur pharmaceutique.
Cette réunion du Comité de pilotage confirme la volonté des pouvoirs publics d’accélérer la réforme du système national de santé, en combinant modernisation des infrastructures, montée en capacité hospitalière et transformation numérique. L’enjeu reste d’assurer un accès plus équitable aux soins et de consolider un système de santé plus cohérent et plus efficace à l’échelle nationale.


