Le Maroc a franchi une nouvelle étape dans son engagement au sein du dispositif international chargé d’accompagner la transition sécuritaire dans la bande de Gaza. Les premiers éléments des Forces Armées Royales (FAR) ont rejoint la Force internationale de stabilisation (International Stabilization Force – ISF), marquant le début de la participation opérationnelle du Royaume à cette mission mise en place pour soutenir la période post-conflit.
L’arrivée des militaires marocains a été confirmée par le Conseil de la paix, l’instance chargée de superviser le dispositif international. Selon l’organisation, ce déploiement vise à renforcer les efforts engagés pour soutenir la population gazaouie et accompagner le retour progressif à un environnement plus stable.
Les premiers contingents marocains ont été accueillis au quartier général de Kiryat Gat, dans le sud d’Israël, qui sert de plateforme logistique avant leur déploiement sur le terrain. Cette installation n’a toutefois pas vocation à devenir une base permanente de la force internationale.
The #ISF welcomes its newest members from the Royal Moroccan Armed Forces. Their arrival strengthens the international effort to support the people of Gaza. #StabilityStartsHere pic.twitter.com/xsp6GTgaC1
— Board of Peace (@BoardOfPeace) June 23, 2026
La participation du Maroc avait été officialisée en février dernier lors du sommet inaugural du Conseil de la paix organisé à Washington. À cette occasion, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avait détaillé les contours de l’engagement marocain dans le cadre du plan international destiné à accompagner la reconstruction et la stabilisation de Gaza.
Créée dans le cadre de la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies, la Force internationale de stabilisation a pour mission de sécuriser les corridors humanitaires, protéger les zones de reconstruction et contribuer au maintien de la stabilité durant la période transitoire. L’objectif affiché est de permettre un transfert progressif des responsabilités sécuritaires vers des institutions palestiniennes réformées et de favoriser le retour d’une administration civile fonctionnelle.
Le Maroc rejoint ainsi un groupe restreint de pays contributeurs comprenant notamment l’Indonésie, le Kazakhstan, le Kosovo et l’Albanie. Selon les responsables du dispositif, ces contingents doivent participer à une mission de stabilisation destinée à prévenir toute reprise des violences et à créer les conditions nécessaires à la reconstruction du territoire.
D’après les informations communiquées lors du lancement de la mission, le déploiement de l’ISF devrait s’effectuer par étapes. Les premières opérations concerneraient les secteurs situés autour de Rafah, où plusieurs projets de reconstruction sont en cours, avant une extension progressive vers d’autres zones jugées stratégiques de l’enclave palestinienne.
Au-delà de la contribution militaire, l’engagement marocain comprend également un important volet sécuritaire et humanitaire. Rabat prévoit notamment de participer à la formation de policiers palestiniens, de déployer des officiers au sein du commandement conjoint de la mission et de mettre en place un hôpital militaire de campagne destiné à renforcer les capacités médicales locales.
Le Royaume a également proposé son expertise en matière de prévention de l’extrémisme à travers un programme de déradicalisation inspiré des mécanismes déjà appliqués dans le cadre de sa stratégie nationale de lutte contre le terrorisme. Cette initiative vise à accompagner les efforts de réconciliation et à favoriser un climat propice à la coexistence et à la stabilité sociale.
La présence du Maroc au sein de cette mission internationale s’appuie également sur sa position diplomatique particulière au Moyen-Orient. Le Royaume entretient des relations avec plusieurs acteurs de la région tout en assurant la présidence du Comité Al-Qods, une configuration qui lui permet de conserver des canaux de dialogue avec différentes parties impliquées dans le dossier palestinien.
Parallèlement à sa participation sur le terrain, le Maroc figure parmi les membres fondateurs du Conseil de la paix chargé de coordonner les efforts internationaux de reconstruction de Gaza. Selon des informations publiées par le Financial Times, le Royaume aurait déjà contribué financièrement aux activités de cette structure, aux côtés d’autres partenaires engagés dans le soutien à la phase de transition.
Avec l’arrivée des premiers éléments des FAR, la contribution marocaine entre désormais dans une phase concrète. Cette présence s’inscrit dans un dispositif international plus large dont l’ambition est de soutenir la stabilisation de Gaza, d’accompagner la reconstruction du territoire et de préparer le retour progressif d’institutions palestiniennes appelées à reprendre la gestion des affaires locales.


