La nouvelle Ferrari Luce marque une rupture majeure dans l’histoire de la marque au cheval cabré. Présentée comme la première Ferrari 100 % électrique de série, elle ouvre un chapitre inédit pour le constructeur italien Ferrari, longtemps associé aux moteurs thermiques et aux sensations mécaniques traditionnelles. Ce modèle électrique, à la fois berline, crossover et grand tourisme, bouleverse les codes esthétiques et techniques de la firme, tout en incarnant une stratégie industrielle assumée vers l’électrification haut de gamme.
Avec la Luce, Ferrari franchit un cap historique en introduisant pour la première fois un modèle cinq places. Longue de 5,02 mètres, elle repose sur une architecture entièrement nouvelle, distincte des modèles thermiques actuels comme le Purosangue. L’habitacle, développé avec la participation du designer Jony Ive et de son studio LoveFrom, rompt avec les habitudes stylistiques de Maranello en privilégiant une approche plus ouverte, mêlant cuir, verre et aluminium, tout en conservant certaines commandes physiques pour préserver une interaction directe avec le conducteur.
Sous la carrosserie, la Luce embarque une batterie NMC de 122 kWh fonctionnant en 800 volts. Elle alimente quatre moteurs électriques, chacun placé sur une roue, délivrant jusqu’à 1 050 chevaux en mode Launch Control et un couple de 990 Nm. Les performances annoncées restent impressionnantes malgré une masse supérieure à 2,2 tonnes : 0 à 100 km/h en 2,5 secondes, 0 à 200 km/h en 6,8 secondes, et une vitesse maximale de 310 km/h. L’autonomie est estimée à environ 530 kilomètres, tandis que la recharge rapide permet de récupérer jusqu’à 70 kWh en 20 minutes, avec une puissance de pointe de 350 kW.
Au-delà des chiffres, Ferrari mise sur une nouvelle expérience de conduite. La répartition individuelle de la puissance sur chaque roue doit offrir une agilité supérieure et une vectorisation de couple avancée, un domaine dans lequel la marque entend conserver son identité sportive malgré l’électrification. Un système sonore artificiel, activé en modes sportifs, reproduit des vibrations évoquant les moteurs traditionnels afin de maintenir une dimension émotionnelle propre à Ferrari.
Sur le plan stratégique, cette première Ferrari électrique intervient dans un contexte de transition délicate pour l’industrie du luxe automobile, où plusieurs constructeurs ajustent leurs ambitions électriques face à une demande encore fluctuante. La Luce vise une clientèle fortunée en quête de polyvalence, capable d’alterner entre usage familial et conduite dynamique. Le coffre de 600 litres et le positionnement cinq places confirment cette orientation.

Le prix, fixé à 550 000 euros hors taxes en Italie, positionne la Luce comme le modèle de série le plus cher jamais proposé par Ferrari, avec des livraisons attendues à partir du quatrième trimestre 2026. L’objectif est clair : séduire de nouveaux marchés, notamment en Chine, où les véhicules électriques haut de gamme bénéficient d’un environnement fiscal plus favorable que les modèles thermiques.
Avec la Luce, Ferrari tente donc un équilibre délicat entre héritage et modernité. Le constructeur cherche à préserver son ADN sportif tout en s’adaptant à une industrie en mutation rapide, où l’électrification redéfinit les standards de performance et de luxe.

