Un nouvel élément vient raviver un dossier déjà explosif. Selon des révélations attribuées au quotidien français Le Monde, la finale de la Coupe d’Afrique des nations disputée à Rabat pourrait avoir été marquée par des consignes internes ayant influencé l’arbitrage en cours de match.
Des éléments issus de documents officiels consultés par le journal, qui pointent des interventions en coulisses au moment même où la rencontre basculait, et viennent épaissir un peu plus les zones d’ombre entourant l’une des finales les plus controversées de l’histoire récente du football africain.
Au cœur de ces révélations : une note juridique transmise par la Fédération royale marocaine de football, qui évoque l’existence d’instructions adressées à l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala. Ces directives, attribuées à des circuits internes de la Confédération africaine de football, auraient visé à éviter toute sanction disciplinaire lourde à l’encontre des joueurs sénégalais, malgré un épisode de contestation ayant conduit à un retrait temporaire du terrain.
Dans cette séquence, l’enjeu n’aurait pas été uniquement sportif, mais aussi institutionnel : maintenir la continuité du match, quitte à suspendre, de facto, l’application stricte du règlement. Une approche que la partie marocaine interprète comme une entorse majeure aux principes d’équité, en particulier dans un contexte aussi décisif qu’une finale continentale.
Cette controverse s’inscrit dans une chronologie déjà lourde. À l’issue de la rencontre, remportée sur le terrain par le Sénégal (1-0), la commission d’appel de la CAF avait finalement inversé le verdict, attribuant la victoire au Maroc sur tapis vert (3-0). En cause : le précédent créé par le retrait momentané des joueurs sénégalais, assimilé à un abandon de match au regard des règlements en vigueur.
Mais au-delà de cette décision administrative, c’est bien la fin de rencontre qui cristallise toutes les tensions. Dans un temps additionnel sous haute pression, un but sénégalais est annulé, suivi de l’octroi d’un penalty en faveur du Maroc. Une séquence qui déclenche une vive réaction des “Lions de la Teranga”, quittant la pelouse sauf Sadio Mané avant de revenir achever la partie.
Deux mois plus tard, l’affaire continue de produire ses répliques. La mise en lumière de possibles interventions en coulisses vient nourrir l’argumentaire marocain, qui défend la régularité de la décision finale, tout en pointant des dysfonctionnements dans la gestion arbitrale de la rencontre.
Le dossier est désormais entre les mains du Tribunal arbitral du sport. À Lausanne, l’instance devra trancher bien au-delà d’un simple litige sportif : c’est la crédibilité des procédures, et plus largement celle de la gouvernance du football africain, qui se retrouve mise à l’épreuve.



