Il y a des crises qui appellent des clarifications. Et d’autres où l’on tente, à défaut, de temporiser. Depuis Le Caire, le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe, a choisi la seconde option.
Face aux remous persistants autour de la CAN 2025, officiellement attribuée au Maroc, le patron de la CAF a multiplié les app els à l’apaisement, allant jusqu’à annoncer une tournée diplomatique au Sénégal puis au Maroc. Objectif affiché : « réconcilier ».
Mais au fond, de quoi parle-t-on encore exactement ? D’une décision actée par les instances compétentes… ou d’un débat que certains refusent de clore ?
Une décision, puis un feuilleton
Car sur le plan réglementaire, les faits sont connus. Une finale interrompue dans des conditions inédites, un cadre juridique clair, et une décision rendue : le Maroc est déclaré vainqueur.
Depuis, le dossier s’est déplacé du terrain vers les juridictions sportives, avec un recours introduit devant le TAS. En attendant, la CAF appelle au calme, et rappelle qu’elle « respectera » la décision du TAS.
L’arbitrage, ou l’aveu à demi-mot
Dans ce contexte, l’annonce d’une réforme de l’arbitrage n’est pas anodine. Elle dit, sans le dire, que les événements survenus lors de cette CAN ont laissé des traces profondes.
Renforcer la confiance dans la VAR, dans les instances disciplinaires, dans l’arbitrage… autant de priorités qui sonnent comme un diagnostic tardif.
Fallait-il attendre une finale sous tension, des décisions contestées et une crise continentale pour ouvrir ce chantier ?
Diplomatie sportive… ou gestion de crise ?
La tournée annoncée de Motsepe au Sénégal puis au Maroc s’inscrit dans une logique de décrispation. Mais là encore, une interrogation demeure : s’agit-il de rapprocher les positions… ou de contenir une contestation qui peine à accepter une décision pourtant officielle ?
Car côté marocain, la ligne est claire. Le titre a été attribué selon les règlements. Et sauf revirement juridique, il n’y a pas de vacance, ni d’ambiguïté.
Derrière la crise, un tournant pour la CAN
Presque en marge de cette séquence, la CAF a évoqué une réforme majeure : une CAN à 28 équipes dès 2030, organisée tous les quatre ans.
Une évolution structurante, qui mériterait un débat de fond. Mais pour l’heure, l’actualité du football africain reste suspendue à une question plus simple – et plus dérangeante :
À quel moment une décision devient-elle définitive ?

