À Tanger, les débats sur la transition écologique ont rapidement quitté le terrain des intentions pour celui du financement. Réunis dans le cadre du Congrès mondial des Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), élus, responsables institutionnels et experts ont confronté leurs points de vue autour d’un constat partagé : sans accès plus fluide aux financements, les ambitions climatiques des territoires risquent de rester lettre morte.
Autour de la table, plusieurs décideurs de premier plan ont confronté leurs visions, parmi lesquels Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Khalid Safir, directeur général du Groupe CDG, ainsi que Mbarka Bouaida, présidente de la région Guelmim-Oued Noun et de l’Association des Régions du Maroc.
Des collectivités qui veulent peser davantage
Pour Mbarka Bouaida, l’enjeu dépasse désormais la simple mobilisation de financements. Les territoires souhaitent être pleinement associés à la définition des mécanismes internationaux qui les concernent. Les collectivités locales ne veulent plus être de simples bénéficiaires de dispositifs conçus ailleurs, mais des acteurs à part entière de leur élaboration.
Entre ambitions climatiques et contraintes budgétaires
Si la mobilisation des financements verts est aujourd’hui considérée comme un levier incontournable du développement territorial, les responsables régionaux ont rappelé que les obstacles restent nombreux. Difficultés d’accès aux fonds internationaux, manque d’ingénierie financière et technique, ou encore complexité des mécanismes de financement : autant de freins qui ralentissent la mise en œuvre des projets sur le terrain.
Pour les élus locaux présents, la réussite de la transition verte dépend autant des ressources financières que de la capacité des territoires à concevoir et porter des projets crédibles et structurés.
Un cadre plus lisible pour attirer les investissements
Intervenant lors du panel, Younes Sekkouri a insisté sur la nécessité de renforcer l’environnement institutionnel afin de créer les conditions favorables à l’investissement durable. De son côté, Khalid Safir a plaidé pour une approche plus globale de la transition, estimant que celle-ci ne peut être réduite à la seule question énergétique mais doit irriguer l’ensemble des politiques publiques.
Le responsable du Groupe CDG a également mis en avant l’expérience accumulée par l’institution dans l’accompagnement des projets liés au développement durable et à l’investissement territorial.
Le débat a ainsi mis en lumière une conviction partagée par les participants : la transition écologique se jouera en grande partie dans les territoires. Encore faut-il que les moyens financiers suivent les ambitions affichées.

