Les autorités judiciaires affirment avoir traité avec rigueur et transparence les affaires liées aux violences survenues lors des manifestations non autorisées de la fin septembre. Selon Hassan Farhan, magistrat à la Présidence du Ministère Public, les jugements ont été rendus dans des délais raisonnables, sans précipitation ni atteinte aux droits des accusés.
Le responsable judiciaire a précisé que dès les premières interpellations, les procédures légales ont été scrupuleusement respectées. Les procès-verbaux d’audition ont été établis conformément au Code de procédure pénale, réfutant ainsi les allégations de certaines sources évoquant de prétendus aveux extorqués sous la contrainte. Il a insisté sur le fait que l’ensemble des garanties d’un procès équitable a été assuré, de l’enquête au jugement.
Concernant les affaires toujours en cours, M. Farhan a expliqué que les délais observés sont principalement dus aux demandes de la défense, le temps nécessaire étant accordé pour la préparation des plaidoiries. Il a souligné que, malgré la gravité des actes commis; certains passibles de trente ans de réclusion, les peines prononcées n’ont pas dépassé quinze ans. Les juges, a-t-il précisé, ont pris en considération les circonstances sociales et l’absence d’antécédents judiciaires de plusieurs prévenus.
Les statistiques communiquées font état de 2.480 individus poursuivis dans le cadre de ces événements, dont 959 en liberté et 1.473 en détention provisoire. Par ailleurs, près de 3.300 personnes ont été relâchées après vérification, parmi lesquelles plusieurs mineurs remis à leurs tuteurs. Les parquets ont également classé sans suite les dossiers de 48 mis en cause.
Les charges retenues concernent divers délits : attroupement armé, destruction et incendie de biens publics et privés, obstruction de la circulation, outrage à agents de l’ordre, vol aggravé ou encore détention illégale d’armes. Certaines affaires incluent des cas d’incendie volontaire ou de vandalisme d’infrastructures publiques, entraînant parfois des blessures graves parmi les forces de sécurité.
Le magistrat a tenu à rappeler que les interventions des forces de l’ordre ont été menées dans le strict cadre légal, conformément aux textes régissant les attroupements publics, et dans l’objectif de garantir la sécurité des citoyens et la protection des biens. Les opérations de maintien de l’ordre ont été encadrées par les autorités judiciaires compétentes, notamment dans les villes de Rabat, Casablanca, Agadir, Tanger et Oujda.
Sur le plan judiciaire, 66 accusés ont déjà fait l’objet de décisions devant les chambres pénales de première instance près les cours d’appel : 61 condamnations et 5 acquittements. Les peines prononcées varient entre un et quinze ans de prison. Au niveau des tribunaux de première instance, 301 jugements ont été rendus à l’encontre d’adultes, dont 208 peines fermes, 66 avec sursis et 27 acquittements. S’agissant des mineurs, 162 dossiers ont été jugés, 83 d’entre eux ayant été confiés à leurs tuteurs dans le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant.
Ces chiffres montrent que la justice a opté pour une approche mesurée : les acquittements représentent 11,4 % des jugements de première instance et près de 10 % des décisions rendues en appel. Une manière, selon le ministère public, de rappeler que le traitement de ces dossiers s’est effectué dans le respect du droit et de la présomption d’innocence, loin des jugements hâtifs ou des pressions extérieures.

