Dans le cadre des panels organisés par l’Initiative Nationale pour le Développement Humain au GITEX Africa Morocco à Marrakech, une intervention a particulièrement retenu l’attention des jeunes porteurs de projets : la démystification de l’intelligence artificielle comme levier de croissance pour les très petites entreprises.
Le constat posé est direct : si le digital a offert une visibilité inédite aux entreprises, il a aussi imposé un rythme et une exigence de compétences souvent difficiles à absorber pour un entrepreneur en phase de lancement. Comment exister face à de grandes enseignes lorsque le budget marketing est très limité ?
L’IA n’est plus une simple machine à écrire. Aujourd’hui, elle peut remplacer une équipe entière de marketing et de secrétariat à zéro dirham
C’est à cette problématique qu’a répondu Otmane Oublal, expert en stratégie digitale et directeur associé de l’agence L’baraka Branding, lors d’une intervention au GITEX Africa. Invité par l’INDH Marrakech à s’adresser aux bénéficiaires de financements publics, il a pris le contre-pied des discours technologiques complexes pour présenter l’IA comme un collaborateur ultra-puissant.

Le choc technologique : l’ère des agents IA et des modèles multimodaux
« L’IA n’est plus une simple machine à écrire. Aujourd’hui, elle peut remplacer une équipe entière de marketing et de secrétariat à zéro dirham », a-t-il affirmé. S’appuyant sur une méthode pragmatique : Comprendre, Réfléchir, Agir : il a présenté plusieurs usages très concrets pour les très petites entreprises ( TPE ) :
Le passage du chatbot à l’agent IA autonome
Contrairement à une IA classique qui attend des requêtes, un agent IA peut agir seul en arrière-plan. Exemple présenté : lire les demandes reçues sur WhatsApp, qualifier le besoin du client, consulter un agenda, fixer un rendez-vous et mettre à jour le fichier client de manière autonome.
La révolution des modèles multimodaux
Les nouvelles IA ne se contentent plus de traiter du texte. Elles voient et entendent. Un artisan ou restaurateur peut filmer son local ou son produit avec son téléphone, l’envoyer à l’IA et obtenir une stratégie marketing complète : scripts vidéo, idées de contenus, publications ciblées.
Le “vendeur clone”
Grâce aux avancées en synthèse vocale et visuelle, un prestataire peut créer un avatar numérique capable de présenter ses services en vidéo, en darija ou en anglais, y compris pour une clientèle touristique.
Un agent IA peut prendre vos rendez-vous, mais il ne reproduira jamais votre savoir-faire ni la chaleur de votre accueil. L’IA ne remplacera pas l’entrepreneur.
Une approche ancrée dans le terrain
Cette vision très opérationnelle, tournée vers l’appropriation des technologies les plus avancées par les petites structures, reflète aussi l’approche développée par L’baraka Branding, spécialisée dans l’intégration de systèmes agentiques et d’automatisation dans les stratégies de communication.
L’idée défendue est claire : un branding performant et une prospection personnalisée ne sont plus réservés aux grandes entreprises. En replaçant l’humain au centre, Otmane Oublal a conclu sur un message qui a marqué l’audience : « Un agent IA peut prendre vos rendez-vous, mais il ne reproduira jamais votre savoir-faire ni la chaleur de votre accueil. L’IA ne remplacera pas l’entrepreneur. Mais l’entrepreneur qui l’utilise dépassera vite celui qui l’ignore. »
Une masterclass qui aura surtout montré une chose : lorsque l’innovation est rendue accessible, elle peut devenir un outil concret de développement économique local.

