Le Maroc confirme sa place parmi les pays les plus sûrs au monde face au terrorisme. Selon le Global Terrorism Index 2026, le Royaume est classé dans la catégorie « No Impact », avec un score de zéro, traduisant l’absence totale d’incidents, de victimes ou de dégâts liés à des actes terroristes sur la période récente. Une performance rare à l’échelle internationale, partagée par un nombre limité d’États.
Publié par l’Institute for Economics & Peace, ce classement porte sur 163 pays. Le Maroc y figure au 100ᵉ rang ex aequo, aux côtés de nations où la menace terroriste est considérée comme inexistante. Cette position repose sur une réalité tangible : aucun attentat n’a été enregistré sur son territoire depuis plusieurs années, malgré un environnement régional sous tension.

À l’échelle mondiale, l’édition 2026 du rapport met en évidence une amélioration notable de la situation sécuritaire. En 2025, le nombre de décès liés au terrorisme a chuté de 28 %, pour s’établir à 5 582 victimes, tandis que les attaques ont reculé de 22 %. Cette tendance globale masque toutefois de fortes disparités. La violence reste concentrée dans quelques zones, avec près de 70 % des décès recensés dans seulement cinq pays : Pakistan, Burkina Faso, Nigeria, Niger et République démocratique du Congo.
Dans ce paysage contrasté, la trajectoire du Maroc apparaît singulière. Le pays fait partie d’un groupe restreint d’États n’ayant enregistré aucun attentat depuis près de deux décennies. Cette stabilité ne relève pas d’un effet ponctuel, mais d’une stratégie sécuritaire structurée sur le long terme. Elle combine un dispositif de renseignement performant, une coordination étroite entre services et une coopération active avec des partenaires internationaux.
Le rapport insiste également sur un facteur déterminant : le terrorisme prospère principalement dans les zones marquées par des conflits ou une gouvernance fragile. En 2025, à peine 1 % des décès liés au terrorisme ont eu lieu en dehors de ces contextes. La solidité institutionnelle apparaît ainsi comme un rempart essentiel. À cet égard, le Maroc bénéficie d’un environnement politique stable et d’institutions capables d’anticiper les menaces.
La lecture régionale renforce ce constat. Le Sahel s’impose désormais comme l’épicentre mondial du terrorisme, concentrant plus de la moitié des décès. La montée en puissance de groupes armés et la fragilité des États y favorisent une expansion rapide de la violence. Dans cet environnement immédiat, la position du Maroc tranche nettement, en tant que zone de stabilité aux portes d’une région en crise.
Autre évolution relevée par le rapport : la dimension transfrontalière du terrorisme. Près des deux tiers des attaques sont commises à moins de 100 kilomètres d’une frontière. Ce phénomène souligne l’importance du contrôle territorial et de la coopération sécuritaire. Le Maroc semble avoir contenu ces risques grâce à un dispositif de surveillance renforcé et à une gestion rigoureuse de ses frontières.
Au-delà de l’approche sécuritaire, le modèle marocain repose aussi sur un travail de fond. Encadrement du champ religieux, politiques de développement social et programmes de prévention de la radicalisation s’inscrivent dans une logique globale. Cette combinaison vise à traiter les causes profondes de l’extrémisme, à un moment où la radicalisation rapide des jeunes devient une préoccupation croissante à l’échelle internationale.
Le rapport met d’ailleurs en lumière une mutation inquiétante : la part des mineurs impliqués dans des affaires liées au terrorisme atteint désormais 42 % en Europe et en Amérique du Nord, soit un triplement en quelques années. La propagation des contenus extrémistes en ligne accélère ces trajectoires, parfois en quelques semaines seulement.
Malgré les progrès enregistrés en 2025, les perspectives restent incertaines. Les tensions géopolitiques persistantes, notamment au Moyen-Orient et en Asie, ainsi que l’essor des réseaux extrémistes numériques, laissent entrevoir des risques de rebond. Dans ce contexte, la constance du Maroc en matière de sécurité renforce son statut de pôle de stabilité dans un environnement international volatil.


