Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé à une réforme en profondeur des institutions internationales afin d’accorder une place plus importante à l’Afrique au sein du Conseil de sécurité. En déplacement à Nairobi, il a estimé que l’organisation actuelle de la gouvernance mondiale ne correspond plus aux équilibres politiques et diplomatiques du XXIe siècle.
Face à la presse, le chef des Nations unies a souligné que le continent africain reste sous-représenté dans les grandes instances décisionnelles malgré son poids démographique et son rôle croissant dans les affaires internationales. Il a défendu une modernisation du Conseil de sécurité afin que celui-ci reflète davantage les réalités géopolitiques actuelles plutôt qu’un ordre mondial hérité de l’après-guerre.
Cette question a occupé une place centrale lors des discussions réunissant à Nairobi des représentants de plusieurs pays africains aux côtés des ministres des Affaires étrangères français et kényan, Jean-Noël Barrot et Musalia Mudavadi, dans le cadre d’une rencontre consacrée aux relations entre l’Afrique et la France ainsi qu’aux enjeux de gouvernance internationale.
La réforme du Conseil de sécurité demeure toutefois un dossier complexe. Toute modification de sa composition doit être approuvée par les cinq membres permanents disposant du droit de veto : les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie et la Chine. Cette configuration ralentit les négociations engagées depuis plusieurs années autour d’un élargissement de la représentation africaine.
Antonio Guterres a néanmoins salué certaines initiatives visant à encadrer davantage l’usage du veto dans des situations de crise extrême, notamment lors de conflits majeurs ou de catastrophes humanitaires. Selon lui, les divisions géopolitiques actuelles compliquent de plus en plus la mission du Conseil de sécurité en matière de maintien de la paix.
Le déplacement du secrétaire général au Kenya a également été marqué par l’inauguration de nouveaux bâtiments du complexe des Nations unies à Nairobi et par le lancement d’un projet d’agrandissement destiné à accueillir davantage de personnel international. La capitale kényane abrite déjà plusieurs agences onusiennes et s’impose progressivement comme un centre stratégique pour les activités de l’organisation en Afrique.
Cette extension intervient dans un contexte financier délicat pour l’ONU, confrontée à des restrictions budgétaires et à une diminution des contributions américaines sous l’administration de Donald Trump. L’organisation considère Nairobi comme une alternative plus économique pour certaines opérations administratives et logistiques.


