Le Maroc a refusé mercredi l’atterrissage d’un avion d’évacuation sanitaire transportant deux patients suspectés d’être infectés par le hantavirus, contraignant l’appareil à se dérouter vers les îles Canaries espagnoles. L’avion, qui assurait une liaison entre le Cap-Vert et les Pays-Bas, devait initialement effectuer une escale technique à l’aéroport de Marrakech avant que l’incident ne prenne une tournure sanitaire et sécuritaire plus sensible.
Selon plusieurs médias espagnols spécialisés dans le suivi aérien et les questions sanitaires, l’appareil avait décollé de Praia dans le cadre d’une opération médicale liée au navire de croisière MV Hondius, actuellement placé sous surveillance internationale après l’apparition de cas suspects de hantavirus à bord. Le bateau transporte 146 personnes.
Au cours du trajet, une défaillance du système d’isolement sanitaire utilisé pour maintenir les patients dans une “bulle de confinement” a été signalée par l’équipage. Face à cette panne technique, les pilotes ont sollicité une autorisation d’atterrissage d’urgence à Marrakech afin d’effectuer les réparations nécessaires et de sécuriser le transport médical.
Les autorités marocaines n’ont finalement pas donné leur feu vert pour cette escale. L’appareil a donc été dérouté vers l’aéroport de Gran Canaria, considéré comme l’option la plus proche capable de gérer simultanément l’urgence technique et les exigences sanitaires liées au transport de patients potentiellement porteurs du virus.
La délégation du gouvernement espagnol aux Canaries a confirmé que l’atterrissage avait été autorisé sous protocole strict. Aucun passager n’a été autorisé à monter ou descendre de l’avion durant l’escale technique, afin d’éviter tout risque de contact ou de contamination.
Les données de suivi aérien indiquaient dans un premier temps que le vol devait reprendre sa route vers Amsterdam après les réparations. Le plan de vol a ensuite été ajusté avec la possibilité d’une escale supplémentaire à Malaga avant l’arrivée finale aux Pays-Bas.
Le hantavirus reste une maladie rare mais étroitement surveillée par les autorités sanitaires internationales. Le virus est généralement transmis par des rongeurs infectés, notamment via l’inhalation de particules contaminées présentes dans l’air. Certaines formes peuvent provoquer de graves complications respiratoires ou rénales. À ce jour, aucun vaccin ni traitement spécifique n’est disponible, ce qui explique le niveau élevé de précaution entourant ce type de transport médical.
L’incident intervient dans un contexte de vigilance sanitaire renforcée autour des liaisons maritimes et aériennes internationales, alors que plusieurs pays appliquent des protocoles stricts face aux risques de propagation de maladies infectieuses rares.


