Trois patients suspectés d’être infectés par le hantavirus ont été évacués mercredi d’un navire de croisière vers les Pays-Bas, selon l’Organisation mondiale de la santé. Le bateau, au cœur d’un foyer épidémique meurtrier, reste immobilisé au large du Cap-Vert avec près de 150 personnes à bord, dans l’attente d’un départ vers les îles Canaries, en Espagne.
Des images ont montré des équipes médicales en tenue de protection intervenir à bord pour organiser l’évacuation, qui concernait notamment le médecin britannique du navire. Initialement dans un état jugé grave, son état de santé se serait amélioré, selon le ministère espagnol de la Santé. Une ambulance aérienne a ensuite quitté la zone.
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Le bilan s’élève à trois morts, tandis qu’un corps se trouve toujours à bord, indique l’OMS. Sur huit cas recensés, trois ont été confirmés par des analyses en laboratoire. Le hantavirus se transmet généralement par inhalation de particules contaminées provenant de déjections de rongeurs. Une transmission interhumaine est possible, mais reste rare. L’OMS souligne que le risque pour la population générale demeure faible.
Selon deux responsables argentins impliqués dans l’enquête, l’hypothèse principale est que le virus aurait été contracté par un couple néerlandais lors d’une excursion d’observation d’oiseaux à Ushuaïa, avant l’embarquement. Le couple aurait visité une décharge, où une exposition à des rongeurs est suspectée. Aucune contamination par hantavirus n’avait jusqu’ici été signalée dans cette région.
À bord, les autorités assurent que les passagers et membres d’équipage restants ne présentent aucun symptôme et restent confinés dans leurs cabines. Le ministère espagnol de la Santé précise que leur arrivée aux Canaries, prévue dans trois à quatre jours, ne représenterait pas de risque pour la population.
Les trois personnes évacuées sont un Néerlandais de 41 ans, un Britannique de 56 ans et un Allemand de 65 ans, selon les autorités néerlandaises. Deux d’entre eux sont dans un état grave, tandis que le troisième, asymptomatique, avait été en contact étroit avec un passager décédé le 2 mai.
Les analyses menées en Suisse, en Afrique du Sud et au Sénégal ont identifié la souche Andes du virus, connue pour circuler en Amérique du Sud, notamment en Argentine et au Chili. Cette souche est l’une des rares capables de se transmettre entre humains, bien que cela nécessite un contact rapproché.
« Ce n’est pas le prochain Covid, mais c’est une maladie infectieuse grave », a déclaré Maria Van Kerkhove, responsable des situations d’urgence à l’OMS. Elle rappelle que la majorité des personnes ne seront jamais exposées à ce virus, tout en soulignant l’importance d’une prise en charge médicale rapide, notamment en cas de détresse respiratoire aiguë.
La période d’incubation du hantavirus peut varier de une à six semaines, voire davantage. Le navire avait fait escale dans plusieurs zones isolées de l’Atlantique Sud, dont l’Antarctique, l’île de Sainte-Hélène ou encore Tristan da Cunha.
Par ailleurs, les autorités sanitaires poursuivent leurs investigations à l’international. En Suisse, un ancien passager est actuellement hospitalisé à Zurich après avoir été testé positif. En Afrique du Sud, deux cas ont également été confirmés, dont un patient en soins intensifs.
Les efforts de traçage se poursuivent pour identifier les contacts potentiels. En Afrique du Sud, 42 personnes ayant été en contact avec des passagers infectés ont déjà été testées négatives, mais une vingtaine d’autres restent à localiser, certaines ayant pu voyager à l’étranger.

