La présence massive de criquets pèlerins suscite l’inquiétude à Laâyoune et dans plusieurs zones du sud du Maroc. Depuis le début de la semaine, d’importants essaims ont été observés dans des quartiers de la ville ainsi que dans des espaces ruraux environnants, ravivant les craintes des habitants quant aux répercussions sur les cultures, les pâturages et l’équilibre environnemental local.
Selon des sources locales, ces essaims proviendraient de zones plus méridionales avant de progresser vers la capitale des provinces du Sud. Cette situation intervient dans un contexte agricole déjà fragilisé par plusieurs années de sécheresse, ce qui accentue les préoccupations liées à la sécurité alimentaire et à la préservation du couvert végétal.
Les autorités locales se veulent toutefois rassurantes. Des responsables communaux indiquent que la situation reste sous contrôle et ne présente pas, à ce stade, de caractère alarmant. Les services techniques de la commune de Laâyoune mènent quotidiennement des opérations de traitement, notamment à travers la pulvérisation de pesticides ciblés afin de limiter la prolifération des criquets et de neutraliser les foyers identifiés.
Ces interventions s’inscrivent dans un dispositif plus large de lutte préventive. Les zones touchées font l’objet d’un suivi continu jusqu’à l’éradication complète des insectes, selon les mêmes sources, qui soulignent la mobilisation permanente des équipes sur le terrain.
Cette alerte locale fait écho aux mises en garde émises récemment par la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. À la fin de l’année dernière, l’institution onusienne avait signalé une recrudescence de l’activité acridienne dans le sud marocain, après l’observation de mouvements d’essaims en provenance de la Mauritanie vers des régions comme Guelmim, Tiznit et les zones sahariennes.
D’après les données publiées par l’organisation internationale, des populations de criquets adultes, matures et immatures, ont été recensées dans plusieurs secteurs, laissant craindre une extension progressive de l’invasion vers le nord. Le rapport précise également que les attaques se sont poursuivies durant le mois de novembre, renforçant les risques pour de nouvelles régions.
À la date du dernier bilan, plus de 4 184 hectares auraient déjà été traités dans le cadre d’opérations intensives de lutte antiacridienne, avec pour objectif de protéger les terres agricoles, les parcours pastoraux et les ressources naturelles restantes.

