La coupure d’internet en Iran atteint un niveau sans précédent. Selon l’ONG spécialisée dans la surveillance du réseau NetBlocks, le pays enregistre désormais la plus longue interruption nationale jamais observée, avec 37 jours consécutifs sans accès au réseau mondial.
Imposé par les autorités, ce blocage dépasse tous les précédents cas recensés à l’échelle d’un État entier. Si des interruptions plus longues ont déjà été documentées, elles concernaient des zones limitées. En Iran, la coupure touche l’ensemble du territoire, marquant une rupture prolongée dans les communications et l’accès aux informations internationales.
Le réseau national iranien reste opérationnel, permettant aux utilisateurs d’accéder à des services locaux strictement encadrés. Cette alternative ne remplace toutefois pas l’ouverture vers l’extérieur, désormais fortement restreinte. Pour contourner ces limitations, certains recourent à des réseaux privés virtuels (VPN), malgré les risques encourus. Les autorités ont renforcé les contrôles, allant jusqu’à adresser des avertissements à des utilisateurs soupçonnés d’utiliser ces outils.
L’accès à des solutions alternatives, comme l’internet par satellite, demeure très limité et interdit par les autorités. Seule une minorité parvient à s’y connecter, ce qui accentue les inégalités d’accès à l’information au sein de la population.
Ce n’est pas un épisode isolé. En janvier dernier, une interruption de 18 jours avait déjà été enregistrée dans un contexte de tensions internes. La durée actuelle, nettement supérieure, confirme un durcissement des restrictions numériques dans le pays.
Ce record inédit met en lumière les enjeux liés à la censure et à la souveraineté numérique. Il illustre également la place centrale d’internet dans les sociétés contemporaines, où son absence prolongée perturbe profondément les activités économiques, sociales et informationnelles.


