Les marchés mondiaux connaissent un rebond ce mardi, après les déclarations du président américain Donald Trump annonçant une fin « très prochaine » du conflit en Iran. Les prix du pétrole, qui avaient grimpé de façon spectaculaire à plus de 119 dollars le baril en début de semaine, retombent désormais à 92,19 dollars, entraînant une reprise notable des actions en Asie et en Europe.
Les Bourses japonaises et sud-coréennes ont fortement progressé, avec le Nikkei 225 en hausse de 2,5 % et le Kospi de 6 %. À Hong Kong, le Hang Seng a enregistré un gain de 2 %. En Europe, le FTSE 100 ouvre en hausse de 1,4 %, accompagné par le Dax allemand (+2,1 %) et le CAC 40 français (+1,9 %). Cette réaction traduit un soulagement temporaire des investisseurs face à la perspective d’un apaisement du conflit, alors que près de 20 % du pétrole mondial transite habituellement par le détroit d’Hormuz, actuellement suspendu.
Au Royaume-Uni, l’incertitude sur l’évolution du conflit pèse sur la confiance des consommateurs. Selon une enquête menée par Barclays entre le 3 et le 6 mars auprès de 2 000 personnes, l’indice de confiance recule de deux points à 23 %, effaçant les gains observés en début d’année. Huit Britanniques sur dix craignent une flambée de l’inflation due à la guerre, avec des inquiétudes marquées pour les coûts de carburant, les factures d’énergie et l’alimentation. Près de la moitié des sondés ont déjà commencé à réduire leur consommation d’énergie. La consommation, elle-même, restait fragile avant le conflit, avec une progression de seulement 1 % des dépenses par carte en février, inférieure à l’inflation, tandis que les achats d’essentiels reculaient de 0,6 %.
Dans le secteur immobilier, le constructeur britannique Persimmon a enregistré de solides résultats annuels, avec un bénéfice avant impôt en hausse de 11 % à 397,3 millions de livres et des revenus en hausse de 17 % à 3,75 milliards. Les livraisons de logements neufs ont augmenté de 12 %. Cependant, les analystes restent prudents : la hausse des prix de l’énergie et l’incertitude sur les taux d’intérêt pourraient peser sur l’accès au crédit et la demande, même si les pénuries de logements et les réformes gouvernementales sur le foncier constituent des moteurs potentiels de croissance.
Sur le marché de l’énergie, les prix du gaz naturel en Europe baissent également, avec le contrat néerlandais de référence à 46,59 euros par mégawattheure, contre 56 euros lundi. Néanmoins, la fermeture du détroit d’Hormuz et les menaces de l’Iran de bloquer les exportations d’hydrocarbures maintiennent une pression sur les coûts, tandis que les consommateurs britanniques se préparent à une hausse probable du plafond des prix de l’énergie en juillet et à des conditions de crédit plus strictes.
Alors que Donald Trump qualifie la guerre d’« excursion » réussie plus rapidement que prévu, il avertit toutefois qu’une escalade de la part de Téhéran pourrait entraîner des frappes « vingt fois plus sévères ». La trajectoire des marchés et de l’économie mondiale dépend désormais de l’évolution du conflit et de la capacité des puissances à sécuriser les voies maritimes stratégiques pour l’énergie.


