On ne reverra plus sur les réseaux sociaux pendant un an. La youtubeuse Mi Naima Al Badaouiya a été condamnée cette semaine par la justice à des peines avec sursis dans deux affaires liées à la diffamation et à l’atteinte à la vie privée. Le tribunal a également prononcé une interdiction de publication et d’apparition sur les réseaux sociaux pendant douze mois.
Dans le premier dossier, la juridiction a prononcé une peine d’un an de prison avec sursis accompagnée d’une amende de 10.000 dirhams. La justice lui reproche la propagation d’allégations considérées comme mensongères ainsi que des atteintes à la vie privée via des publications diffusées sur internet.
Mais au-delà de la condamnation pénale, c’est surtout la sanction numérique qui retient l’attention : Mi Naima se voit désormais interdite d’apparaître ou de publier sur les réseaux sociaux pendant une durée d’un an. Une décision rare, révélatrice du durcissement progressif des juridictions face aux dérives numériques, à l’heure où les plateformes sociales sont devenues des espaces d’influence massive mais aussi de conflits publics permanents.
Le tribunal a également ordonné le versement de dommages et intérêts au profit de la partie plaignante.
Dans une seconde affaire examinée par la même juridiction, la youtubeuse et son beau-fils ont écopé chacun d’une peine d’un an avec sursis ainsi que d’une amende de 15.000 dirhams. Les deux condamnés devront également verser des indemnisations civiles de manière solidaire.
À l’origine des poursuites figure un Marocain résidant en France, qui accusait la créatrice de contenu d’avoir diffusé à son encontre des propos diffamatoires et insultants sur plusieurs plateformes numériques.
Cette nouvelle condamnation s’inscrit dans un parcours déjà marqué par plusieurs démêlés judiciaires. En 2020, Mi Naima avait été condamnée à une peine de prison ferme après la diffusion d’une vidéo contestant l’existence du Covid-19 et appelant à enfreindre les mesures sanitaires imposées durant l’état d’urgence.
Au-delà du cas individuel de la youtubeuse, cette affaire relance une nouvelle fois le débat sur les frontières entre liberté d’expression, responsabilité numérique et recherche d’audience à tout prix sur les réseaux sociaux. Car dans l’économie virale d’internet, où le clash devient souvent plus rentable que l’information, la justice semble désormais vouloir rappeler que la popularité numérique ne place personne au-dessus du droit.

