Le pétrole a enregistré une forte hausse jeudi, porté par les déclarations du président américain Donald Trump concernant la poursuite des frappes contre l’Iran. Cette prise de position, perçue comme un signe de maintien des tensions sans perspective immédiate de désescalade, a ravivé les inquiétudes quant à la stabilité de l’approvisionnement mondial.
Dans les premières heures de cotation, le Brent a progressé de 6,33 dollars, soit une hausse de 6,3 %, pour atteindre 107,49 dollars le baril. Le West Texas Intermediate (WTI) a, de son côté, gagné 5,28 dollars, en hausse de 5,3 %, à 105,40 dollars. Ce rebond intervient après une séance précédente marquée par un repli, suivi d’un retournement brutal à la suite de l’intervention télévisée de Donald Trump.
Les marchés ont surtout retenu l’absence de perspective diplomatique claire. Le président américain a affirmé vouloir “terminer le travail” dans un délai de deux à trois semaines, sans détailler les modalités d’un cessez-le-feu ni évoquer d’initiative de dialogue. Cette position a renforcé l’idée d’un conflit prolongé, susceptible d’affecter durablement les flux énergétiques.
Dans ce contexte, les analystes soulignent que l’incertitude géopolitique continue de peser sur les anticipations des investisseurs. L’absence d’engagement vers une sortie de crise entretient une prime de risque sur les prix du pétrole, notamment en cas d’intensification des tensions ou de perturbation des routes maritimes stratégiques.
Les risques sur le transport maritime se sont d’ailleurs matérialisés avec un incident impliquant un tanker affrété par QatarEnergy, touché par un missile de croisière iranien dans les eaux territoriales du Qatar. Cet événement illustre la vulnérabilité des infrastructures énergétiques et la fragilité des chaînes d’approvisionnement dans la région.
L’inquiétude dépasse le cadre des marchés pétroliers. Selon le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, les premières perturbations d’approvisionnement pourraient commencer à impacter l’économie européenne dès le mois d’avril. Jusqu’à présent, le continent avait été relativement protégé grâce à des cargaisons sécurisées avant l’escalade des tensions.
Dans l’ensemble, les acteurs du marché restent dans l’attente d’un signal politique fort. En l’absence d’un plan de cessez-le-feu ou d’une initiative diplomatique concrète, les marchés continuent d’intégrer une incertitude élevée, susceptible de maintenir les prix du pétrole à des niveaux élevés dans les semaines à venir.


