Washington a annoncé une série de mesures drastiques concernant l’entrée sur son sol de ressortissants de douze pays, parmi lesquels figurent sept nations africaines. Ces restrictions, qui prendront effet à compter du 9 juin, s’inscrivent dans une nouvelle vague de limitations migratoires adoptée par décret présidentiel.
Signé le 4 juin par le président Donald Trump, au lendemain d’une attaque meurtrière qualifiée d’« acte terroriste » survenue dans le Colorado, ce texte interdit formellement aux citoyens de plusieurs pays d’obtenir un visa d’entrée aux États-Unis. Les ressortissants du Tchad, de la République du Congo, de la Guinée équatoriale, de l’Érythrée, de la Libye, de la Somalie et du Soudan sont directement concernés. À cette liste s’ajoutent cinq autres pays non africains : l’Afghanistan, la Birmanie, Haïti, l’Iran et le Yémen.
En parallèle, trois États africains, le Burundi, la Sierra Leone et le Togo, font l’objet de mesures de restriction, aux côtés de Cuba, du Laos, du Turkménistan et du Venezuela. Pour ces pays, des conditions renforcées d’obtention de visa et des exigences administratives supplémentaires seront imposées.
Ce durcissement, qui intervient dans un contexte sécuritaire tendu, repose officiellement sur la volonté de prévenir les risques liés au terrorisme international. Mais il s’inscrit aussi dans la ligne dure adoptée par Donald Trump depuis le début de son mandat en matière de politique migratoire. L’administration américaine invoque des défaillances dans les dispositifs de contrôle de certains pays : absence de coopération dans le partage d’informations, failles dans la sécurité des documents d’identité, ou encore soupçons de vente frauduleuse de passeports à des ressortissants d’États déjà sous sanctions.
Selon plusieurs sources citées par The New York Times, le projet de restrictions était en gestation depuis janvier dernier. Un rapport conjoint des départements d’État, de la Sécurité intérieure et du renseignement national a identifié quarante-trois pays jugés problématiques, répartis en trois catégories : une « liste rouge » pour les interdictions totales, une « liste orange » pour les restrictions conditionnelles, et une « liste jaune » donnant soixante jours aux pays concernés pour se mettre en conformité.
La mesure frappe particulièrement le continent africain, dont plus de la moitié des pays initialement listés proviennent. Le Congo-Brazzaville, par exemple, initialement placé en observation, se voit désormais frappé d’une interdiction totale.
Derrière la rhétorique sécuritaire, la Maison Blanche poursuit son objectif de réduction des flux migratoires, tout en adressant un message politique à certains gouvernements jugés peu coopératifs. Le président Trump a d’ailleurs déclaré : « Nous ne pouvons pas accueillir des migrants provenant de pays que nous ne sommes pas en mesure de filtrer efficacement et en toute sécurité ».
Des dérogations sont toutefois prévues pour certains types de visas, notamment ceux jugés d’intérêt national ou à caractère humanitaire.
Cette nouvelle décision rappelle celle prise en 2017, lorsque l’exécutif américain avait déjà interdit l’entrée aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane, dont plusieurs apparaissent à nouveau dans la liste actuelle.

