Le Maroc poursuit sa montée en puissance ferroviaire. Le chantier de la future ligne à grande vitesse reliant Kénitra à Marrakech a désormais atteint 30% de réalisation, a annoncé lundi le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, lors d’une séance de questions orales consacrée au secteur ferroviaire.
Longue de 430 kilomètres, cette nouvelle infrastructure doit connecter plusieurs points stratégiques du Royaume, notamment Rabat, le futur Grand Stade de Benslimane, Casablanca, l’aéroport Mohammed V et Marrakech. Le projet s’inscrit dans le vaste programme de modernisation porté par l’Office national des chemins de fer, dont l’enveloppe globale atteint 96 milliards de dirhams.
À elle seule, la future LGV représente un investissement estimé à 53 milliards de dirhams. Le programme comprend également l’acquisition de 168 nouveaux trains ainsi qu’un budget supplémentaire destiné au développement de l’écosystème industriel ferroviaire et à la consolidation des performances du réseau actuel.
Au-delà du chantier lui-même, l’objectif affiché est clair : réduire fortement les temps de trajet entre les grandes villes du pays. Une fois opérationnelle, la ligne permettra notamment de relier Tanger à Marrakech en environ trois heures et demie, contre plus de six heures actuellement. Rabat et l’aéroport Mohammed V seront connectés en 35 minutes, tandis que Marrakech se trouvera à moins d’une heure de la gare aéroportuaire de Casablanca. La mise en service de cette nouvelle LGV est prévue pour septembre 2029.
Le ministère a également fait le point sur le futur prolongement vers Agadir. Selon Abdessamad Kayouh, les études techniques préliminaires sont désormais finalisées. Mais ce tronçon s’annonce particulièrement complexe sur le plan géographique : près de 70% du parcours nécessitera la construction d’ouvrages d’art à travers le Haut Atlas, notamment des tunnels et des ponts. Le coût prévisionnel de cette extension avoisinerait 55 milliards de dirhams, alors que des discussions sont en cours pour mobiliser des financements internationaux.
Parallèlement à la grande vitesse, l’ONCF poursuit aussi le développement du réseau de trains de proximité. Sur l’axe Rabat-Kénitra-Skhirat, les autorités promettent à terme une fréquence d’un train toutes les dix minutes grâce à de nouvelles gares et à une réorganisation du trafic destinée à réduire la pression sur les routes.
Le réseau ferroviaire classique n’est pas en reste. Plus de 160 rames Atlas doivent être modernisées sur les lignes reliant notamment Oujda à Marrakech. Un site industriel dédié à la maintenance et à la fabrication de locomotives est également annoncé à Benguerir, avec un objectif de 62% d’intégration locale et une ambition industrielle qui dépasse désormais le seul marché marocain.

